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MOIS D'OCTOBRE

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274/ Ier octobre

OCTOBRE LE MOIS DES VENDANGES ET DU VIN.


Miniature extraite du Golfbook de Gérard Horenbout, début XVI ème siècle .

British Museum, Londres

C’est au moment où les vignobles prennent leurs parures automnales et qu’explosent les couleurs rouille, rouges, vertes, jaune d’or, et que les grappes gonflent sous les derniers chauds rayons d’octobre, que se prépare l’un des meilleurs moments de l’année du vigneron. Le cycle solaire bascule de la pleine lumière à celle de l’ombre. La vigne prodigue ses fruits et apporte au vigneron matière à faire le vin de sa renommée.


275/ 2 Octobre

LE TEMPS DES VENDANGES.

Nous sommes cent jours après la fête de la Saint Jean. Nous avions dédié cette journée du 24 juin au « baptême du vin », mais aussi à la fête de la vigne en fleurs.

Aujourd’hui c’est la fête dans la vigne. La vigne offre enfin ses fruits pour la réalisation du nectar. Le bal des vendanges s’ouvre sur les mélodies de la cueillette, et la rencontre festive des vendangeurs assoiffés.

Outre le côté incontournable de la récolte des raisins et son lot de vendangeurs tonitruants venant de tous horizons pour un temps de convivialité, les vendanges forment le deuxième temps fort du calendrier du vigneron ;

Ce travail saisonnier répond à un cycle végétal, mais aussi à un temps socio- culturel. Nous avons déjà souligné l’importance de cette période dans l’expression artistique. Peintures, musiques, opéras, théâtres, livres, cinémas, romans, poésies, chansons, photographies, ont décrit peu ou prou ces scènes bucoliques et festives qui en définitive, sont destinées à fournir des revenus à diverses corporations de la filière viticole, grâce à la commercialisation des vins.

Tout au long de ce calendrier, nous avons l’occasion d’évoquer cette alliance du cycle de la vigne avec le cycle des divertissements humains.

A signaler deux ouvrages qui symbolisent particulièrement ce temps des vendanges.

Celui que nous avons déjà mentionné à propos de Gaston Bonheur, ce bienheureux vigneron qui considérait que les vendanges étaient une occasion « d’action de grâces » appelée, « dous a vol » « les Dieux l’ont voulu ». Nous gardons précieusement ce petit recueil inédit (145) intitulé « mes vendanges » et que Gaston Bonheur offrait à ses amis.

Celui de Bernard Clavel, illustré des photos de Janine Niepce, intitulé « les vendanges », et survolant des scènes de vendanges remarquablement fixées par la pellicule. (146)

Mais la symbolique des vendanges a connu aussi une riche période, celle du XVIIIe siècle, où la trame thématique soulignait les vendanges de l’amour. Ainsi florissait nombre d’opéras-ballets ou de comédies aux titres évocateurs :

Les fêtes de l’amour et de Bacchus ( 1672) de Lully

L’Automne ou le Triomphe de Bacchus ( 1729 ) de Carolet

Les vendanges de la foire (1724) de Le Sage et Dorneval

Vendanges de la Folie ( 1752?) de Collé

Vendanges du Hasard (1732) de Fuselier

Les vendanges de Tempé (1745) de Favart

Les vendanges d’Argenteuil ( 1741) de Favart et Panard

Scène de vendanges ( Photo Marc Heimermann )

Qui n’a pas, ne serait-ce qu’une fois, vendangé dans sa vie s’est privé d’un moment de joie et de rencontres exceptionnelles. Que tous les vignerons soient ici remerciés pour leur rôle socialement salutaire.



276/ 3 Octobre

UN COLLOQUE ŒNOLOGIQUE PARMI BIEN D’AUTRES.

Le 3 octobre 2001, s’est déroulé à Bordeaux un colloque intitulé :

« La vigne et le vin dans la littérature moderne et contemporaine »

Différents orateurs sont intervenus sur les sujets suivants :

Jean-Noël Pascal : "C'était Bacchus lui-même en grappes transformé" : vendanges poétiques dans la seconde moitié du Siècle des Lumières

Brigitte Louichon : Vendanger chez Rousseau, Balzac et Fromentin

Christiane Prat : Vigne, Vin et Renaissance d'un homme dans L'Espagnol de Bernard Clavel

Michel Prat : Le vin d'un Anglais : Lawrence DURREL
(Cet article a fait l'objet d'une communication au colloque "Le Vin dans ses Oeuvres", organisé à Libourne par Amancio Tenaguillo y Cortázar (17-19 mai 2001)

Eric Francalanza : Repas, vin et société dans les Illustres françaises de Robert Challe (1713)

Yves Maubant : Le vin des Goncourt : l'autre imaginaire, l'imaginaire de l'autre

Hédia Adelkefi : Vin gai, vin triste dans Le Vin de Paris de Marcel Aymé

Pierre Deyts : Le vin des pirates

Marie Delbos-Janet : Ivresses des années folles : Giono : Un de Baumugnes ; Svevo : Court voyage sentimental, Boulgakov : Endiablade

Amancio Tenaguillo Y Cotazar : Le vin et son double : Vendange, de Miguel Torga

Andrée Mansau : Paroxysmes de l'ivresse dans Le songe des héros d'Adolfo Bioy Casares

Marie-Rose Corredor : Vigne et vin : aux sources de la poésie catalane

"La vigne et le vin dans la littérature moderne et contemporaine"

EIDÔLON
Cahiers du Laboratoire Pluridisciplinaire de Recherches sur l'Imaginaire appliquées à la Littérature
(L.A.P.R.I.L.)

Articles réunis par Michel Prat

Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3, Octobre 2001-n° 60

Les ouvrages disponibles peuvent être commandés à
L.A.P.R.I.L
U.F.R. de Lettres
Université Michel de Montaigne-Bordeaux
33405 Talence Cedex (France)


277/ 4 Octobre

DERNIÈRE VENDANGE POUR JACQUES DEFRESNE.

Une petite parcelle de 20 ares, située dans le Val d’Oise va connaître en ce 4 octobre 1995 sa dernière vendange.

Son propriétaire, âgé de 73 ans , le cœur serré , aidé de quelques voisins va se mettre à l’ouvrage avec une émotion difficile à dissimuler. La famille Defresne exploite ce minuscule vignoble francilien depuis 1342.

Au XVIIIe siècle, la vigne occupait déjà près de 3000 ha .Elle avait conquis au XIXe siècle les pentes du Mont Valérien, et la butte de Montmorency.

Aujourd’hui, pour ce qu’il en est des cultures, il ne reste qu’un symbolique espace viticole aux limites des immeubles, et surtout des arbres fruitiers.

Les vins d’Argenteuil appelés « picolo » ont donné le nom de « picoleurs » désignant les assoiffés parisiens qui zigzaguaient pour rentrer chez eux.

C’est ainsi que l’histoire de la dernière vigne d’Argenteuil, s’est arrêtée après que la quinzaine d’amis de Jacques Defresne eurent fini de coller les étiquettes « Clos Mainville Passenay » sur les 500 bouteilles qui seront consommées par l’entourage de la famille de Jacques.


Photo extraite de l’ouvrage « les vins de Paris » Christine Boiron , Glénat


278/ 5 Octobre


L’HISTOIRE DE LA VIGNE ET DU VIN INSCRITE DANS LE TEMPS ET LA DURÉE.

Pourquoi avoir adopté le calendrier pour décrire le monde du vin?

Parce que le calendrier se confond avec l’histoire de l’humanité. La vigne et le vin étant le fil conducteur de cette humanité, il nous semblait judicieux de mêler la formalisation du temps avec le récit bachique.

Même si notre modeste quête de l’histoire du vin et des vins se réduit principalement aux frontières hexagonales, on n’échappe pas à l’universalité des références religieuses, politiques et culturelles. Si aujourd’hui le calendrier est universel, plus exactement mondialisé, il garde quelques nostalgies périphériques que nous enseigne l’histoire de la viticulture.

Nous avons donc choisi comme référence majeure le calendrier romain-grégorien celui qu’établit l’empereur Jules César et que le Pape Grégoire XIII actualisa. Ce dernier, d’ailleurs réduisit le calendrier annuel de 10 jours, le 5 octobre 1582, pour mieux le faire coïncider avec l’année solaire, mais surtout pour s‘assurer que la fête de Pâques demeure dans l‘espace printemps.

C’est aussi un 5 octobre que la Convention imposa le calendrier révolutionnaire rédigé par Fabre d’Eglantine en 1790.


Riquewihr Photo M.Heimermann

Le calendrier c’est une succession de dates (jours, mois) véritable instrument de mesure que nos ancêtres utilisaient pour cadencer leur travaux agraires.

La culture de la vigne n’y échappait pas. Et si le calendrier que nous avons adopté égraine au jour le jour des noms de saints, c’est pour maintenir cette connexion entre le temporel et le spirituel, ainsi que les liens entre les anniversaires religieux et les fêtes païennes.

Ainsi, notre calendrier permet des rencontres historiques, évoque les grandes fêtes religieuses, et relate les nombreux proverbes liés aux temps qui passent. La littérature vinique reste prolixe avec ses almanachs régionaux, ses repères astrologiques et ses calendriers perpétuels.

Pour coller à une certaine réalité temporelle, notre présent calendrier du passé et de l’avenir, va aussi jusqu’à mentionner le jour précis afin de ne pas se dissocier de la réalité liturgique. (L’année de référence est 1900 car elle est symbole et charnière, mais le calendrier convient aussi aux années 1990 et 2007…).

Dans la référence calendaire que j’ai choisi, le 1er janvier est un lundi, et le jour de Pâques tombe le dimanche 15 avril.

Des Saints et des Vins, un calendrier perpétuel pour maîtriser le temps par le biais de la vigne, des vins et des histoires de vignerons.

 


279/ 6 Octobre

LES BACCHANALES EN L’HONNEUR DU DIEU BACCHUS.

Un débat persiste sur le nom du saint du jour. L’église dédia cette journée du 6 octobre à Saint Bruno, italien d’origine, évêque de Reims et fondateur de l’ordre des Chartreux. Dans certaines contrées françaises ont célébrait Saint Bacchès ou Saint Bacques. Certains y voyaient une homonymie avec Bacchus, d’autant que le « Bacches » en Alsace signifie « le personnage du noirci », entendez avoir le visage barbouillé de noir. De là à faire le lien avec les bacchanales ( masques, carnaval, fête du vin, fin des vendanges etc…), le pas de danse est vite franchi.

Nous préférons faire la distinction de la façon suivante:

D’une part les fêtes antiques à la dévotion du Dieu Bacchus que nous réservons au 6 octobre ( voir aussi 12 février )

D’autre part les fêtes célébrant la fin des vendanges en l’honneur de Saint Bacchus ( voir le lendemain 7 octobre )

En tout état de cause, cette période d’octobre marque la fin du cycle des vendanges et le début du cycle du vin.

Considérons que le 6 octobre c’est la célébration du vin avec les désordres divers qui s’ensuivent.

Après les vendanges, c’est le retour des morts, d’où cette fête que l’on nommait « dionysies » chez les Grecs (voir aussi 9 octobre), et « bacchanales » chez les Romains. Tite Live nous conte avec nombreux détails comment au départ les femmes dirigeaient les cérémonies entre elles, jusqu’à ce que l’une des prêtresses décidât d’élargir l’orgie du vin aux hommes. D’où ces débauches, licences, frénésies sexuelles sous l’emprise du vin. Ces débauches se répétaient plusieurs fois dans l’année, jusqu’au jour où le sénat romain décida de mettre un terme à cette dépravation humaine. « La goutte de vin a fait débordé le cratère ». Ainsi à partir de 186 avant JC, la répression est à son comble.

Parce que les chrétiens exerçaient leur culte dans la clandestinité avec des allusions mal interprétées, les romains assimilèrent très vite les cultes chrétiens aux bacchanales et usèrent d’une répression similaire conduisant aux persécutions et martyres.

Les bacchanales ont cédé la place aux liberalia , fêtes plus modérées qui se déroulent en mars. Le vin préside aux rites du passage de l’adolescence à l’âge adulte.

Il s’agit alors des vraies fêtes de vendanges, celles qui se perpétuent au cours de l’histoire, et dont la plus grande et la plus célèbre a lieu tous les 25 ans à Vevey en Suisse.

Si l’on peut, dans une certaine mesure, rapporter indirectement la consécration des saints à la suppression des bacchanales, l’on peut aussi prétendre que les fêtes de la vigne et des vins sont souvent liés à l‘histoire des saints protecteurs ou résulter de quelques réminiscences mystiques et mythologiques, chrétiennes ou païennes.

C’est alors que Dieu Bacchus cède la place à Saint Bacchus



280/ 7 Octobre

LA FÊTE DES VENDANGES EN l’HONNEUR DE SAINT BACCHUS.

On a vu que les saints ont succédé aux dieux anciens. Ainsi tout au long de l’année, les saints vignerons balisent la route du vin, et c’est ainsi que la route du vin se poursuit tout au long du calendrier.

Les saints protecteurs de l’automne sont honorés lors des vendanges, ou pour la bonification du vin :

Saint Serge fêté le 7 octobre, ou Saint Martin (voir 11 novembre) ou Saint Urbain (voir 19 décembre).

Mais Saint Serge ne se dissocie pas de Saint Bacchus. Ces deux officiers de l’armée romaine se convertirent sous Dioclétien. Ils furent martyrisés puis canonisés.

On dit que Saint Bacque (Bacchus) fut écrasé, broyé et mélangé à des raisins, et lorsqu’il s’en alla aux cieux, il éclaboussait de toute part de son sang comme les raisins déversent leur jus rouge. On peut y voir une certaine allusion au pressoir mystique. (Voir aussi le 11 avril).

Plusieurs édifices religieux furent construits en l’honneur de Saint Serge et de Saint Bacchus. Et il ne fait aucun doute que les saints païens ont fondé la pédagogie chrétienne pour asseoir le nouveau rite. Preuve, les fêtes vigneronnes de fin de vendanges portent l’originalité des fêtes bachiques.

Nombre de farces interviennent au cours des vendanges entre les jeunes hommes et les jeunes filles. Elles reposent sur des coutumes ancestrales comme le décrit Van Gennep dans « farces et amusements des vendanges en France ». La plus connue consiste à barbouiller le visage de raisin noir si possible ( du « teinturier » ! ) Ces petites facéties prenaient la forme de bizutage des nouvelles vendangeuses où se transformaient en mesure de réprobation ceux qui avaient oublié l’une ou l’autre grappe dans la rangée. (147)

Mais revenons aux fêtes des vendanges, celles qui marquent la fin des travaux de la vigne et qui s’expriment sous forme de processions, de cortèges ou de repas festifs.

De la marche des vendanges au repos des vendangeurs, ou du chariot décoré à la dernière benne fleurie, ou du repas gigantesque à la grande soirée arrosée, toutes ces manifestations témoignent d’une nécessaire envie de célébrer la fin d’une convivialité.

Elle s’appelle « paulée » en Bourgogne, « accabailles » dans le Sauternes, ou « paillou » en Saintonge.

Tout finit avec des baisers et des fleurs.

Aujourd’hui, dans chaque région viticole, dans chaque ville ou commune, s’organisent des fêtes de vendanges, qui s’égrainent tout au long de l’année. Muni de son taste, ou de son verre, chacun commence la longue procession de caves en caves pour découvrir l’inséparable couple du vigneron et de ses vins à déguster.

Pour un parcours des manifestations plus aisé, il existe un guide des fêtes viticoles qui en répertorie plus de 300. Des trois Glorieuses ( 16,17,18 novembre), à la Saint Vincent tournante ( 22 janvier ), à la fête des vendanges de Bordeaux et son Bacchus triomphant, le culte de la vigne et du vin trouve sa nouvelle religion, son culte moderne des bacchanales. (148)


281/ 8 Octobre

YQUEM, SE DECLINE AU SUPERLATIF.

Dans la dynastie des grands vins, Yquem, le vin de tous les superlatifs, n’échappe pas à l’honneur suprême.

Ce vin est pour le commun des mortels inaccessible à la dégustation et en prix. A moins d’avoir son accréditation journalistique ou être le partenaire privilégié d’une cour royale ou d’un dirigeant d’État.

Yquem a survécu à la Révolution, car depuis 1786 soit depuis près de 220 ans se sont succédé quatre générations de Lur Saluces. Alexandre dirige toujours ce noble Château, hier en propriétaire, aujourd’hui en gérant. Si depuis 1999, le comte Alexandre de Lur Saluces a dû céder ses parts à Bernard Arnauld ( LVMH), sous la pression des autres héritiers, il n’en demeure pas moins le gardien incontestable et incontesté de ce vin d’exception dont la notoriété mondiale ne souffre guère de comparaison.

Le succès de ce vin surréaliste, c’est la combinaison de différents facteurs qui conduit au théorème d’Yquem, mise en œuvre par le régisseur Pierre Meslier depuis plus de 40 ans.

« Château d’Yquem est un vin plus grand que la somme de ses parties. »

Déjà, en 1822, le régisseur de l’époque Rolland Garros, qui survolait les chais d’Yquem confirmait la longévité de la garde des vins ( plus de 60 ans ) comme l’atteste la fac simili de l’état des stocks du 8 octobre 1822 .


Barsac Sauternes ( Bernard Ginestet ) et Jacques Legrand

Yquem est la conjonction des trois facteurs principaux que sont Généalogie ( famille Lur Saluces ), Géologie ( terroirs graveleux sur sous-sol argileux ), Œnologie ( la quintessence de la pourriture noble ). On arrive ainsi à un vin d’un jaune d’or, dont les grains de raisin ont été « rôtis, confits et surmaturés. » (149)

Pour y parvenir, le modernisme est banni au sein de ce château fort dressé sur la colline qui borde le Céron. Les vendanges, pardon, la cueillette se fait à la main ( si possible par des mains de femmes ), aux ciseaux, recueillies dans des paniers en bois que l’on déverse délicatement dans des comportes en bois, lavées et séchées chaque soir, pour, après le foulage avec mâchoires en buis, être conservées dans des barriques en chêne.

La qualité passe avant la quantité, les quotas sont toujours calculés à la baisse; Les 100 ha de vignes souffrent au maximum pour donner ce qu’ils ont de meilleur. En moins de quinze jours, les raisins ont disparu des rangées tirées au cordeau et dont l’espacement permet le passage d’un cheval.

Chaque année, 60 000 bouteilles, ( au prix moyen de …..) habillées de l’étiquette la plus dépouillée quittent les caves enterrées du Château pour combler les nantis du club fermé des yquémaniaques .

Yquem, c’est un vin de femme ou de sirène, un vin de légende, un vin absolu ( J.P.Kaufmann) un breuvage des dieux ( nectar), une suavité absolue ( Frédéric Dard), une extase, bref l’esprit même du Vin.


282/ 9 Octobre

DES DIONYSIES A LA FOIRE DE SAINT- DENIS.

Il y a trois jours, le 6 octobre, nous avons évoqué, les Bacchanales. Aujourd’hui, jour de la Saint Denis, nous nous transportons un peu plus tôt dans l’histoire des fêtes du vin, celles du temps des grecs appelées « dionysies ».

L’ancêtre mythologique de la vigne et du vin est bien sûr Dionysos, fils de Zeus et de Sémélé. Son originalité réside dans sa double identité que nous livre la mythologie. Sa mère ayant succombé avant de lui avoir donné le jour, Dionysos fut arraché aux entrailles maternelles par Zeus son père, qui aussitôt le dissimula dans sa propre cuisse. (« Naître de la cuisse de Jupiter »).

C’est à Naxos que Dionysos plante pour la première fois la vigne, il sera le premier vigneron de l’histoire grecque, succédant à Noé, l’inventeur biblique.

La longue histoire de Dionysos, dieu du plaisir et du bonheur, mais aussi dieu du malheur évoque les deux facettes du vin. C’est à la fois la meilleure et la pire des choses.

On distinguait deux dionysies. Dans la dionysie champêtre, entre décembre et février. Dionysos était remercié pour les abondantes récoltes. De façon un peu similaire, on trouve le temps fort de la célébration des trois glorieuses en Bourgogne (voir 16, 17,18 novembre).

Quant aux dionysies urbaines, elles se situent plutôt en mars, et durent six jours. C’est la naissance du printemps.

On connaît la suite. Ces fêtes vont se transformer en orgie avec les bacchanales. Dionysos, le bel éphèbe, se transforme en Bacchus « fétard » à la panse rebondie.

Dionysos est dans les mémoires des chrétiens parisiens, car le premier évêque de Paris se nomma Denis.

On connaît l’histoire relatée par Grégoire de Tours qui nous rapporte que le succès de son apostolat chez les habitants de Lutèce, conduisit l’empereur Domitien à lui infliger l’épreuve des supplices.

Pour finalement être décapité sur le Mont-de-Mars qui devint Montmartre, cette montagne couverte de vignobles. Et la légende de nous dire, que Saint Denis prit sa tête entre ses mains et marcha jusqu’au lieu appelé aujourd’hui Saint-Denis. En effet, c’est le roi Dagobert qui fit construire la Basilique. Il instaura également la foire de Saint-Denis fixée au 9 octobre. On y commercialisait les vins nouveaux dont « le Saint-Denis nouveau » ! Cette date a été maintenue pour célébrer le souvenir du Saint. Par la suite, la basilique de Saint-Denis recueillit les tombeaux des rois de France.


Maître de Dreux- Budé

La Crucifixion du Parlement de Paris 1452(Musée du Louvre)

Les rapports de Saint Denis avec le vin se retrouvent peut-être, depuis la nuit des temps modernes, en Bourgogne, dans la Côte de Nuits, à Morey - Saint - Denis. Et c’est sous l’égide du maire Jean Marie Ponsot, qu’en 1961 fut créé le « Carrefour de Dionysos ». C’est la rencontre de tous les professionnels du vin. Pour célébrer cette journée dionysiaque, buvons un excellent « Clos Saint- Denis » de chez Lignier et fils. C’est bien le paradis ou l’olympe sur terre. La boucle festive est ainsi consommée.



283/ 10 Octobre

LE BAPTÊME AU JURANÇON, UNE COUTUME ROYALE.

Henri III de Navarre naquit à Pau en 1553. Fut-il baptisé au Jurançon ? Rien ne le confirme. Mais les vignerons de la région gardent précieusement cette référence royale pour parfaire la notoriété de ces vins pyrénéens.

Il semble en tous les cas, que cette tradition se perpétue. Pour preuve cette information recueillie dans l’ouvrage de H.Combret intitulé « Le livre du Jurançon » (150)


Le Jurançon demeure principalement un vin moelleux à base de Gros Maseng et de Courbu. Cet AOC concerne une vingtaine de communes pour une superficie de vignobles d’environ 560 hectares. Il s’étend de Pau à Oloron Sainte-Marie. Ne pas oublier les vendanges tardives qui grâce à la situation géographique de cette région donne des vins exceptionnels.


284/ 11 Octobre

COLMAR CAPITALE DES VINS D’ALSACE.

Colmar est connue aujourd’hui comme la ville la plus touristique d’Alsace, de par ses rues, ses marchés de Noël et sa région viticole. Certains prétendent, comme Romain Roland, que c’est la plus belle ville du monde.

Considérée comme la capitale des vins d’Alsace, elle pavoise durant la deuxième quinzaine d’août avec l’organisation annuelle de la foire aux vins.

A priori, rien ne démontre que Colmar tisse des liens forts avec la vigne et les vins. En effet, Colmar était considérée comme une ville marchande où s’établissait un commerce florissant animé par des corps de métiers fort diversifiés dont entre autres, les commerçants en vin. Un document intitulé « de par Messieurs les Prêteur Royal et Magistrats de la ville de Colmar » daté du 11 octobre 1782 réglemente le commerce du vin, mais surtout la distribution des vins chez les particuliers au profit de leurs visiteurs de passage. (151)

Aujourd’hui, l’image viticole de Colmar ce ne sont pas les grandes exploitations viticoles, même si quelques rares vignerons élisent encore domicile intra-muros, ou le fait d’être entouré de près de 350 ha de vignes de plaine dont 13 appartiennent à la ville de Colmar. Ce qui fait l’originalité de Colmar sur le plan viticole c’est que la capitale des vins abrite le syndicat des viticulteurs de Colmar et les sièges de certains organismes viti-vinicoles, dont la Bourse aux vins située à la Maison des Têtes. Il y a aussi le CIVA (comité interprofessionnel des vins d’Alsace), et surtout le centre colmarien de l’INRA.

L’INRA de Colmar existe depuis 1874. Plusieurs laboratoires travaillent dans les domaines qui touchent à la découverte de nouveaux cépages, à la lutte contre les parasites de la vigne, à l’avenir du vin, à la résistance de la vigne, etc.… Des résultats innovants et prometteurs caractérisent les équipes de recherche installées au 28 rue de Herrlisheim à Colmar.

Cette recherche s'appuie sur un dispositif de 3 000 m² de serres et d'installations expérimentales, de 55 ha de grandes cultures et de 15 ha de vignobles riches de quatre terroirs différents.

Colmar abrite un double pouvoir, d’un côté celui du maire qui défend le développement urbanistique et touristique de la ville, et d’un autre, celui les seigneurs de la vigne qui dictent leur loi économique. Les Sparr, les Dopff et les barons environnants d’Eguisheim à Riquewihr essaient de faire de Colmar le pôle viticole ayant pignon sur monde.

Normal, ne dit-on pas que le septième jour, Dieu se reposa. Il venait de créer Colmar et donc s’accorda un pause bien méritée.


285/ 12 octobre

CE PINEAU N’EST PAS UN PINOT.


Maison Jan Bertin-Roulleau

Il était une fois, dans une cave, un vigneron charentais qui par mégarde avait versé du moût de raisin dans une barrique qui contenait de l’eau de vie. Il était à mille lieux de se douter qu’il allait être l’inventeur du Pineau. Vexé de son erreur, il remisa son tonneau dans un coin de sa cave. Quelques années plus tard, notre brave vigneron, intrigué par le tonneau abandonné, ouvrit la bonde et goûta le contenu. Oh, surprise, il découvrit un vin liquoreux, doux et très suave. Il en but et rebut. C’est ainsi qu’est né le Pineau cher à nos Vendéens.

C’est le 12 octobre 1945 que l’appellation officielle fut décernée à ce vin muté qui se caractérise par l’interruption de la fermentation par adjonction d’alcool, et se voit additionné d‘un moût et de cognac « rassis. » Il peut titrer de 16 à 22°

Il se consomme frais en apéritif, mais peut aussi accompagner huîtres, coquillages et poissons. Son arôme de melon lui vient de l’Ugni blanc, qui lui confère ainsi son originalité.

Voilà de quoi compléter la collection inépuisable des vins de France.


286/ 13 Octobre

COMMUNIQUER SUR LES VINS.

« La publicité pour le vin sera facilitée.
Un amendement adopté par l'Assemblée Nationale contre l'avis, timide, du gouvernement assouplit les conditions de promotion des vins de pays ou AOC.

L es députés ont adopté mercredi 13 octobre 2004 contre l'avis du gouvernement un amendement au projet de loi sur les territoires ruraux qui aménage la loi Evin de 1991 pour faciliter la promotion du vin. Il sera désormais possible de vanter sa couleur, son odeur, son goût, son terroir d'origine ou son cépage dans une publicité.
Soucieux de ne pas brouiller le message de la majorité sur la sécurité routière, Philippe Douste-Blazy a tenté d'y faire barrage, mais sans grande pugnacité.
Sous couvert d'un "aménagement technique", l'amendement défendu par les députés pro-vin et adopté par 102 voix sur 114 facilite la promotion des vins de pays ou d'appellation d'origine contrôlée (AOC): il autorise en effet la publicité à évoquer les "caractéristiques qualitatives" du vin dans la mesure où ces éléments restent "compatibles avec l'objectif de modération dans la consommation". »

( article du Nouvel Observateur )

Vouloir parler de vins et communiquer sur le produit n’est pas d’aujourd’hui !


Publicité des vins Quinson Fils, Beaujolais années 1990


287/ 14 Octobre

LE VIN NE SE SUCRE QUE PAR NÉCESSITÉ.

Définition de la Chaptalisation:

Procédé, appelé également sucrage, consistant à ajouter du sucre au moût afin d'augmenter le degré alcoolique du vin. La technique a été préconisée au début du XIXè siècle par le chimiste Chaptal pour améliorer la conservation du vin. (152)

La concentration des moûts pour augmenter l’alcool du vin fut un procédé déjà pratiqué du temps des Romains. Ils mettaient à chauffer le vin dans des chaudrons, d’où l’appellation de « vins cuits », alors qu’au Moyen Age, on se contentait d’y ajouter du miel, d’où le nom « d’hydromel »;

Mais avec l’exploitation de la betterave et la découverte de la canne à sucre, les viticulteurs adoptèrent le principe de l’adjonction de saccharose selon un taux défini par Chaptal: soit 17g de sucre pour un degré d’alcool.

On connaît l’opposition des viticulteurs adeptes des vins biologiques pour ne pas recourir à la chaptalisation.

Cependant cette opération d’enrichissement en sucre est réglementée au niveau européen ainsi que sur le plan national (cf. le décret du 14 octobre 1954). Ces textes définissent les aires géographiques de possibilité de sucrage, les quantités autorisées, quels produits de base utiliser et les périodes requises.

Ce que nous en avons retenu, en résumé:

Il est exclu de recourir à la chaptalisation quand le raisin est arrivé à très bonne maturation (soit un ou 2° au dessus du minimum de l’appellation).

Sucrage équivalent à 1° en puissance (soit 17 à 18Kg/hl) si le plafond précédent n’est pas atteint.


288/ 15 Octobre

L’IVRESSE OU L’EXTASE DE SAINTE THÉRÈSE.

En ce jour de la fête de Sainte Thérèse d’Avila, dite la sœur du Mont Carmel, cette vierge mystique mais aussi docteur de l’Église, nous a légué quelques textes très originaux.

Née en 1515, outre sa dévotion et son parcours religieux, elle consacra une grande partie de ses retraites à écrire. Et nous découvrons que Sainte Thérèse savait parler du vin et de l’ivresse comme éléments de transcendance divine.


Extase de Sainte Thérèse de Sébastiano Ricci 1727

Église San Marco, Vicence

On retiendra deux extraits;

Celui de son ouvrage « le Château de l’âme » qu’elle compare à un cellier:

« Je considère le centre de nostre âme comme un cellier dans lequel Dieu nous fait entrer quand il luy plaist et comme il luy plaist par cette admirable union, afin de nous y enyvrer saintement de ce vin si délicieux de sa grâce, sans que nous y puissions rien contribuer que par l’entière soumission de nostre volonté à la sienne, nos autres puissances et tous nos sens demeurant à la porte comme endormis. »

Et celui des « Pensées pour l’amour de Dieu » où elle invite l’époux à boire pour découvrir l’ivresse de l’amour :

« En disant que son Époux le fait entrer dans ce cellier tout remply d’un vin céleste, elle montre qu’il luy permet d’en boire jusques à tomber dans une heureuse et sainte yvresse. Car ce grand Roy n’honore pas une âme d’une si extrême faveur pour la luy rendre inutile. Il lui permet d’en boire autant qu’elle veut de ces vins délicieux, et de s’enivrer de ces joyes inconcevables qui la ravissent dans l’admiration de ses grandeurs. Ce saint transport l’élève si fort au dessus de la faiblesse de la nature, qu’au lieu d’appréhender de perdre la vie en servant son divin époux, elle souhaiteroit de mourir dans ce paradis de délices…

L’âme en cet estat ne sçait pas seulement si elle aime, tant elle est comme endormie et comme enivrée: mais qu’heureux est ce sommeil! Que souhaitable est cette ivresse ! Son divin Époux vient à son secours. Il fait que, dans cet endormissement et cette espèce de mort de toutes ces puissances, l’amour qu’elle luy porte est si vivant, qu’encore elle ne comprend rien à la manière dont il agit, il l’unit si intimement à son Époux, qui est l’amour mesme et son Dieu, qu’elle devient une mesme chose avec luy, sans que ny les sens , ny l’ entendement, ny la mémoire ne puisse y apporter d’obstacle et qu’il n’y a que la volonté qui comprenne quelque chose à ce qui se passe. »(153)



289/ 16 Octobre

LA PLUS BELLE AVENUE DE CHAMPAGNE (S).

Située au creux de la Marne, la cité d’Épernay cherche a tenir son rang face à Reims la capitale de la Champagne et du Champagne.

Rien n’incite à un séjour touristique, hormis la visite des grandes caves alentours. Le climat reste en demi-teinte, souvent humide et froid en hiver.

Mais Épernay recèle des souvenirs historiques liée à l’histoire viticole du champagne, comme la renommée fédération des syndicats viticoles de Champagne fondée en 1904 et qui organisa au cœur de la ville une grande manifestation le 16 octobre 1910 contre la fraude et où les vignerons scandaient en hurlant « A bas la fraude, à bas la bibine, gare aux fraudeurs ». De la bibine aux bouteilles de Champagne, ce n’est pas de l’eau qui a coulé sous les ponts !

Aujourd’hui Épernay s’enorgueillit de posséder le siège du CICV, riche organisme de défense des intérêts et des vignerons et des négociants champenois. Mais la seconde ville de Champagne, possède aussi la plus belle, la plus prestigieuse avenue, celle qui se nomme Champagne.

Le long de l’avenue Champagne se dressent les plus belles Maisons de Champagne dont la plus grande et la plus célèbre est : Moët et Chandon. Elle fait face à la Mairie, ce qui n’est pas neutre!

Fondée en 1743, elle possède près de 600 ha. Moët et Chandon est placée sous le haut patronage d’un empereur, Napoléon, ancien client assidu et d’un religieux qui aurait du être canonisé au titre de sa découverte à savoir Don Pérignon.

Cette grande Maison de Champagne ne s’y est pas trompée en nommant sa cuvée la plus exceptionnelle: Don Pérignon. Ce prestige et ce luxe s’expriment de par son contenant à savoir une bouteille façonnée XVIIIème encapsulée de plomb et d’étain et habillée d’une distinguée étiquette.

Puis, lorsque l’on avance un peu plus dans l’avenue, on distingue successivement la Maison Perrier Jouet, Pol Roger, puis Boizel et enfin la non moins célèbre Maison Castellane avec sa croix de Saint André rouge.

Perrier Jouet représente notre choix personnel en goût

De Venoge se distingue aisément grâce à sa « cuvée des Princes »

Pol Roger reste une Maison encore familiale aux caves souterraines immenses.

Boizel peut se féliciter d’avoir le meilleur rapport qualité prix

Castellane respire l’originalité et doit aussi son succès à sa volière de papillons, mais surtout à sa tour construite par l’architecte Marius Toudoire. (Longtemps, j’ai cru qu’il s’agissait de la tour de la gare d’Épernay que j’entrevoyais en coup de vent lors de mes quelques voyages en train entre Paris et Strasbourg. )

la tour des Champagnes Castellane

Épernay, c’est la Champagne, et le champagne c’est la boisson aux qualificatifs élogieux comme en témoignent les titres de certains ouvrages dédiés: « une coupe pleine », « un éclair de bonheur », « une féerie », « au bonheur des lèvres », ou « un plaisir partagé ».


290/ 17 Octobre

LE CLOS BAUDOIN SANS LIEN AVEC SAINT BAUDOUIN.

A quelques kilomètres de Tours, sur la rive droite de la Loire, s’étendent les 1200 ha du vignoble de Vouvray. On sait que les Vouvray sont appelés à vieillir longtemps grâce au Chenin.

Ici la vigne évolue entre tradition et modernisme. Les rendements demeurent faibles, les vendanges sont tardives, le pressurage se fait tout en douceur, et la conservation se fait dans les profondeurs des caves crayeuses. C’est seulement au mois de mars que ce blanc pétillant est mis en bouteille pour ensuite séjourner de longues années sous les couches de tuffeau.

Un domaine connaît une célébrité quasi princière. Cette propriété viticole possède un domaine au nom royal de Baudouin, « le clos Baudoin » (sans le 2ème u) et dont le propriétaire porte la tradition de la cour de Pologne: le prince de Poniatowski.

En ce 17 octobre est célébré Saint Baudouin cet archidiacre assassiné à la fin du premier millénaire à Laon en Picardie. Rien ne le relie à notre lieu-dit du jour, mais l’évocation de son nom aura permis d’évoquer le Vouvray.

Le Vouvray vieux n'a pas usurpé son titre de « coffre-fort de la mémoire vineuse ». Parmi les vieux moelleux on cite souvent le Clos-du-Mont du Domaine Huet, le Domaine Bourillon, le Clos du Domaine de la Fontainerie ou encore l'indescriptible Vouvray 1874 du Clos Baudoin de Philippe Poniatowski, exprimant une souveraine harmonie . En millésimes plus récents, certains grands restaurants proposent aussi le Clos Baudoin Aigle Blanc 1990.


Dans les caves du Clos Baudoin à Vouvray : le régisseur, Jean Pénilleau et le propriétaire, Philippe Poniatowski

(le grand livre des vins de Loire, photographie Pierre Cottin)

Voici une cave parmi bien d’autres et qui résume l’attractivité des vins de Loire et plus particulièrement ceux de Vouvray.



291/ 18 Octobre

LE MARIAGE DE SAINT LUC AVEC DAME LA TRUFFE.

Au sud de Montélimar, en sortant de l’autoroute à Bollène, on se dirige côté est, en direction du nord, dans les coteaux du Tricastin.

Cette appellation est répartie sur 22 communes et couvre seulement 2 000 ha sur la rive gauche du Rhône, de la Beaume-de-Transit au sud, en passant par Saint-Paul-les–Trois-Châteaux, jusqu’aux Granges-Gontardes, au nord. Le terroir est constitué d’alluvions anciennes très caillouteuses. Les coteaux sableux situent la limite du climat méditerranéen. Cette appellation vient récemment d’être redélimitée et donne une production moyenne de 1 000 000 hl.

Pour cette journée placée dans le souvenir du troisième Evangéliste, Saint Luc, nous avons retenu cette petite propriété digne du secteur, et des Côtes-du-Rhône.

Domaine Saint- Luc 2000
Côteaux du Tricastin
Ludovic Cornillon, Vigneron à Beaume - de- Transit


Cépages : 60 % Grenache et 40 % Syrah

Mûris sur des sols argilo-calcaires, les raisins provenant de vignes âgées de 15 à 30 ans nous donnent un vin d'une rare intensité pour cette appellation. Le vin du Domaine Saint-Luc fait partie des meilleurs AOC du Tricastin. Qu’on se le dise !

Dégustation :
Riche en fruits et en couleur, avec un nez de violette, il présente une bouche onctueuse, gourmande et d'une belle finesse aromatique.
Agréable avec une viande blanche ou encore des grillades, il saura aussi se faire apprécier accompagné d'un poisson.


Ce coin recèle une autre richesse, plus enviée encore, et qui fait la gloire de l’alliance mets et vins, il s’agit de la truffe.

Après avoir quitté le Domaine Saint-Luc, en possession de bouteilles millésimées 2000, se rendre, à la saison, au marché de la Beaume-de-Transit, puis se procurer quelques truffes en rapport avec son budget, et de retour chez soi, préparer une omelette aux truffes pour la consommer avec une bouteille du Domaine Saint-Luc. On atteindra assurément des sommets de plaisirs qui peut-être prédisposeraient favorablement aux lectures de Saint Luc.


292/ 19 Octobre

LE ROI RENÉ, VIGNERON EN ANJOU ET EN PROVENCE.

« A la Saint René couvre ton nez »

On dit que le bon roi René, Duc d’Anjou et aussi Roi de Naples et Comte de Provence aurait rapporté d’Italie des reliques d’un saint portant le même nom que lui.

Saint René se fit passé pour le saint imaginaire d’Angers.

L’histoire de France nous rapporte que René d’Anjou fut propriétaire d’excellents vignobles autour d’Angers et participait personnellement aux vendanges.


Le Roi René,

Portrait de Nicolas Froment, musée du Louvre (Roger-Viollet) et la Confrérie des Echansons du Roy René à Aix

Le vin d’Anjou ( voir aussi 29 mai ) est un « Bon Vin », et le duc d’Anjou un « Bon Roi », c’est pourquoi, la vigne royale a pu se propager dans le sillage de ce saint homme. Il alla jusqu’à implanter la vigne dans la vallée du Rhône et jusqu’en Provence. Cela conduisit le Roi René à posséder un vignoble à Gardanne à côté d’Aix-en-Provence.

Amoureux de la vigne, le Roi René fonda la Confrérie des Echansons du Roy René. Puis elle réapparut en 1969.

Le Roi René décède en 1480 dans sa retraite provençale. Ne voilà-t-il pas que les anciens « Coteaux du Roi René » renaissent fin 1985 en AOC, « Coteaux d’Aix-en-Provence », soit 500 ans après la mort du bon roi.


293/ 20 Octobre

« ALCOOLS »

Voilà ce qu’écrit Guillaume Apollinaire le 20 octobre 1905 à son ami André Salman:

« Tu partiras, dit-on, vendredi pour l’Afrique. Viens demain avec moi vider une barrique d’eau de vie ou de vin; Je t’attendrai de huit heures jusqu’à midi, puis d’une heure à minuit….

J’habite au Vésinet, 8 boulevard Carnot »

Signé: Guillaume Apollinaire

« PS: apporte le tonneau »

On en déduit vite le trait de ce célèbre personnage, eu égard à son rapport avec le vin. Il se résume ainsi dans le célèbre texte intitulé : « Nuit Rhénane. »

« Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d'un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n'entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été

Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire » (*)

Guillaume Apollinaire, poète tourmenté, n’a-t-il pas créé ses plus beaux textes, issus de sa veine malade de la soif, dans son célèbre recueil « Alcools » ?

(*) Nous avons déjà rencontré cette ambiance des bords du Rhin, avec Goethe, le jour de la fête de Saint Roch à Bingen ( voir 16 août )


294/ 21 Octobre

ON SE PRESSE À LA FÊTE DU PRESSURAGE.

Dans notre calendrier virtuel, le 21 octobre tombe un dimanche et c’est le jour de la Fête du Pressurage à La Caunette dans l’Hérault.

Au cœur du Minervois, adossé à la Montagne Noire, ce petit pays déborde de réjouissances et de manifestations viniques pour célébrer les vins de la déesse Minerve.

Les portes des caves s’ouvrent aux amateurs de vins de Minerve. Ils se composent de rouges pour l’essentiel, mais aussi du fameux muscat de Saint - Jean - de - Minervois.

Les festivités commencent le Samedi et se poursuivent allègrement jusqu’au dimanche soir.

Un évènement qui mérite une halte.

Côté vignoble :

A La Caunette durant la première moitié du 19ème siècle les vignes occupaient 250 hectares, pour environ un quart des terres cultivées.
La polyculture était dominante: le blé, le seigle, l'avoine, le vin et l'huile d'olive étaient les principaux produits exploités.

"Les vins récoltés sont tous des vins rouges que l'on vend pour boisson aux habitants de la montagne qui viennent les acheter dans la commune"
(rapport du service des impôts en 1819).

Au début du 20ème siècle, la surface en vignes a doublé (500 hectares) et occupe près de trois-quarts des terres cultivées (90 % en 1963).

A partir des années soixante-dix, l'accent est mis sur la qualité avec des arrachages indispensables.

Aujourd'hui, La Caunette produit des AOC minervois, des côtes de Brian, et des vins de pays.

Le site de La Caunette Cf site internet : saint-pons-de-thomieres@caunette.html


295/ 22 Octobre

BRASSENS CHANTE LE VIN.

Dans l’immense répertoire de Georges Brassens qui a marqué la jeunesse des années 1970, nous avons exhumé cette chanson totalement dédiée au vin.

Avant de chanter ma vie, de fair´ des harangues
Dans ma gueul´ de bois, j´ai tourné sept fois ma langue
J´suis issu de gens qui étaient pas du genre sobre
On conte que j´eus la tétée au jus d´octobre...

Mes parents on dû m´trouver au pied d´une souche
Et non dans un chou comm´ ces gens plus ou moins louches
En guise de sang ( O noblesse sans pareille! )
Il coule en mon cœur la chaude liqueur d´la treille...

Quand on est un sage, et qu´on a du savoir-boire
On se garde à vue en cas de soif, une poire
Une poire ou deux mais en forme de bonbonne
Au ventre replet rempli du bon lait d´l´automne…


Jadis, aux enfers cert´s, il a souffert Tantale
Quand l´eau refusa d´arroser ses amygdales
Être assoiffé d´eau, c´est triste, mais faut bien dire
Que, l´être de vin c´est encore vingt fois pire...

Hélas ! il ne pleut , jamais du gros bleu qui tache

Qu´ell´s donnent du vin, j´irai traire enfin les vaches
Que vienne le temps, du vin coulant dans la Seine !
Les gens, par milliers, courront y noyer leur peine...

Georges Brassens est né le 22 octobre 1921 à Sète, et mourut à l’âge de 60 ans, le 29 octobre 1981 à Saint -Gély -du -Fesc au nord de Montpellier. Il était le chanteur- auteur-compositeur adulé de la génération « soixante- huitarde ».

Georges Brassens


296/ 23 Octobre

UN VIGNOBLE BASQUE, l’ IROULEGUY.

« C’est un vin qui fait danser les filles »

Curnonsky

A 1000km et diagonalement opposé à l’Alsace, s’étale sur les contreforts des Pyrénées Atlantiques, le plus septentrional vignoble français. C’est aussi l’une des plus petites AOC, officialisée seulement le 23 octobre 1970.

Sur une modeste surface de 90 ha, que se partagent un peu plus de 200 vignerons, les vignes fournissent tout de même 10 000hl de rosé, de rouge et de blanc. (154)

Pour atteindre ce petit joyau du Pays Basque, il faut se rendre à Saint -Etienne -de -Baïgorry. Le petit village d’Irouléguy se situe entre cette dernière et Saint-Jean-Pied-de-Port.

On dit qu’autrefois le vignoble d’Irouléguy faisait le bonheur des ampélographes, car on y trouvait une très riche variété de cépages. Les plus connus, de nos jours sont pour les blancs: le Courbu et les Mansengs, et pour les rouges : les Cabernets et le Tannat..

La caractéristique des vignes, comme celle des voisines du Jurançon, est d’être plantée en hautain sur de très petites parcelles souvent construites en terrasses. (On y trouve une similitude avec les vignes du pays de Martigny en Suisse ).


Vignobles de l’Irouléguy

Je propose la création d’un jumelage entre les vins du Pays Basque et ceux d’Alsace. Les similitudes sont telles qu’elles pourraient encourager la découverte alternée des originalités locales, (région frontalière, secteur montagneux, vignobles, langue locale, maison à colombages, etc…) et surtout réduire, au moins virtuellement, la distance qui sépare deux régions aussi accueillantes sur le plan du tourisme.


297/ 24 octobre

HISTOIRE DU VIN DE VILLARS-SUR-VAR.

Nous quittons la côte sud- ouest des Pyrénées- Atlantiques pour atteindre le jour suivant la côté sud- est de la Méditerranée.

Nous sommes sur la nationale qui relie Nice à Digne. A environ une cinquantaine de kilomètres au nord de Nice, se situe un vignoble d’une quinzaine d’hectares qui s’étagent entre 250 et 450m d’altitude et dominent le Var en contrebas. C’est le discret vignoble de Villars -sur-Var, la plus petite AOC de Côtes -de -Provence, dans le département des Alpes- Maritimes.

Dès que l’on parle d’un vignoble local ou régional, se déroule inlassablement la longue histoire des évènements qui ont marqué la vie de la commune et de ses habitants vignerons. La vigne porte l’histoire des hommes. C’est ce qu’a voulu démontrer Colette Bourrier -Reynaud, dans son sympathique essai sur « la longue histoire d’une appellation contrôlée « Côtes de Provence » (155)

On démarre avec les Romains, bien sûr, qui nous disent que nous sommes, là aussi en présence du plus ancien vignoble de France. Puis une petite description religieuse pour nous dire que Villars possède dès le IVe siècle son oratoire de Saint-Vincent le Vigneron. Cette chapelle était située sur la colline Saint-Jean. Puis du XIIe siècle au XIIIe siècle, le vignoble prit de l’ampleur avec la présence des Templiers qui avaient fondé à Villars « Une riche Commanderie » dépendant de Rigaud.

Puis il y eut « Les corvées de vin » des Comptes de Provence jusqu’au XIVe siècle. Par la suite, le secteur de Villars se développa sous l’égide des Grimaldi qui avaient imposé des règlements sur les vignes.

Vers 1550, au lendemain du siège de Nice, les capucins de Saint-Barthélemy et les franciscains de Saint-Pons se mirent à apprécier le vin de Villars « Lou Vin dei Padre ».

Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, les vignerons de Villars se voient opprimés par le Comte Vergagno.

Puis c’est la Révolution ou Français et Austro-Sardes se mettent à boire les vins de Villars. Les vins locaux n’échappent pas à l’épisode napoléonien pour devenir « vins d’honneur » lors du rattachement de Villars à la France en juin 1860.

La description historique se poursuit avec les maladies de la vigne, la retraite viticole et la renaissance le 24 octobre 1977 grâce à la consécration des vins de Villars -sur-Var en AOC « Côtes de Provence ».

C’est au « clos de Saint-Joseph » que s’exprime la meilleure illustration gustative des vins de la vallée du Var;



298/ 25 Octobre

BALADES DANS LES VIGNES D’ALSACE.

De retour en Alsace, après 20 ans d’absence, une grande partie de nos activités de loisir sont réservés à la découverte pédestre de cette magnifique région. En compagnie de deux amis nous arpentons régulièrement les sentiers vosgiens mais aussi les divers vignobles qui s’allongent de Thann au sud jusqu’à Wissembourg au nord. En ce jour de la Saint Crépin patron des cordonniers, nous nous sommes permis d’associer les chaussures à la randonnée à travers les vignes bien sûr !

Les illustrations iconographiques ci jointes veulent être un témoignage personnel de la façon dont s’expriment à nos yeux, lors de nos balades, les vignobles alsaciens au cours des 4 saisons.







299/ 26 Octobre

LE VIN C’EST LE PAIN DE L’OUVRIER.

Ce que l’on retient des livres d’Emile Zola, c’est la précision et la véracité des tableaux de la société française à la fin du XIXe siècle.

L’analyse sociale du monde ouvrier révlait une réalité forte, et bien sûr la boisson sous toutes ses formes arrosait les séances des repas, les moments de détente ou de détresse, les fonds de bistrots, et les lieux imaginaires…

Dans « l’Assommoir » ou « Gribouille » ou le « Ventre de Paris », la plume de Zola trempe allègrement dans le verre de vin ou violemment dans le verre d’alcool.

Extrait:

"Et le vin coulait autour de la table comme l’eau coule à la Seine. Un vrai ruisseau lorsqu’il a plu et que la terre a soif.

Dans un coin de la boutique, le tas des négresses mortes grandissait, un cimetière de bouteilles sur lequel on poussait les ordures de la table ….

Les verres se vidaient d’une lampée, on entendait le liquide jeté d’un trait tomber dans la gorge, avec le bruit des eaux de pluie dans les tuyaux de descente, les jours d’orage… Ah! Dieu de Dieu!

Les jésuites avaient beau dire, le jus de la treille était tout de même une fameuse invention!

La société riait, approuvait; car, enfin, l’ouvrier n’aurait pas pu vivre sans le vin,

le papa Noé devait avoir planté la vigne pour les zingueurs, les tailleurs et les forgerons.

Le vin décrassait et reposait du travail….

Ils étaient soûls comme des tiques. On trinquait à ceux qui passaient. On appelait les camarades. Le gueuleton s’étalait, gagnait de proche en proche le quartier de la Goutte-d’Or entier."

"Le vin, elle le pardonnait parce que le vin nourrit l'ouvrier.

Les alcools au contraire étaient des saletés de poisons

qui ôtaient à l'ouvrier le goût du pain."

Zola s’est éteint le 26 octobre 1902 sobrement mais dignement au panthéon de la littérature, peut-être après avoir bu un vin « couleur de sang qu’on aurait coupé au couteau » foi d’écrit vin !


300/ 27 Octobre

LES FIEFS VENDEENS SE METTENT AUX VINS.

A quelques encablures des grandes plages des Sables- d’Olonne , s’étendent jusque vers Mareuil des petites vignes exploitées avec assiduité dans l’espoir de pouvoir un jour être reconnues hors des frontières régionales.

En effet, depuis le 27 octobre 1984 date de la confirmation en VDQS des vins du pays de Vendée, les vignerons de Mareuil aux Sables -d’Olonne, tentent de trouver une voie ( ou voix ) pour mieux commercialiser leurs vins autrement que sur les seules tables des restaurants des plages et des particuliers locaux.

Ces vins de Pays se situent sur les coteaux dominant les deux rivières de l'Yon et de Lay. le vignoble de Mareuil quant à lui, se répartit sur 10 communes, couvrant une superficie de 300 ha. La production annuelle est de 17 000 hl.
Bénéficiant d'un ensoleillement supérieur à la moyenne nationale, les cépages Chenin, Chardonnay donnent des vins blancs frais et légers, le Pinot noir et Gamay, des vins rosés très typés et fruités, le Gamay, Cabernet et Négrette, des vins rouges légers, gouleyants dont les plus capiteux peuvent se garder quelques années.

Que par cette journée consacrée aux vins du pays des Fiefs Vendéens, nous puissions rendre hommage à tous ces vins de pays qui font la richesse du terroir français.

Nous sommes le 300ème jour de notre calendrier, que notre quête des vins originaux, des vignobles connus et inconnus, des évènements œnologiques divers, puisse démontrer que le monde du vin c’est une vis sans fin comme celle du pressoir et un tonneau percé comme celui des Danaïdes.


301/ 28 Octobre

SIMON UN NOM, SI NON UN VIN

Monsieur Simon, l’expert en vin.

En monsieur Simon, l’Angleterre a connu son plus célèbre spécialiste en vin. Il était de surcroît d’origine française. Au cours de sa longue carrière, il parcourut le monde à la découverte des vins, et exprima ses connaissances dans plus d’une centaine d’ouvrages dédiés aux vins, tous écrits en anglais.

Monsieur Simon, qui avait pour prénom André Louis, s’est éteint à l’âge de 93 ans. Comme quoi, ou l’écriture sur les vins, ou la dégustation de ceux-ci, ou les deux à la fois, ont sûrement influencé cette longue vie consacrée à la boisson universelle et presque éternelle.


Château Simon l’expert en Barsac.

Simon est à la fois le nom d’une partie de la commune de Barsac, le nom du protecteur de la paroisse et le nom du château viticole. Le propriétaire, la famille Dufour a fait de ce précieux liquoreux une référence qui tient son rang parmi les grands du Sauternes. La célébrité est assurée par la distribution des 24 000 bouteilles composées à 84% de Sémillon, à 14% de Sauvignon et à 2% de Muscadelle.

Une palette de jaunes dorés qui nous donne l’occasion de faire le grand saut vers la cousine : le Château Simone, reine de la Palette.

Château Simone l’expert de la Palette.

Roulant sur l’autoroute, à la sortie d’Aix, en direction de Nice, à peine passé sous le viaduc on aperçoit la colline de Meyreuil, située à droite et qui fait face à la Montagne Sainte Victoire.

Une telle situation ne peut que privilégier la typicité de ce vin qui a fait le tour du monde. Château Simone c’est l’AOC Palette.

L'AOC Palette est partie sur un dossier, qui avait été présenté à l'époque à l'INAO, demandant l'Appellation Contrôlée "Château Simone", se basant sur le précédent de Château Grillet à Condrieu. Château Simone était une entité parfaitement délimitée. A l'extérieur du domaine, il n'y avait pas de vigne, mais seulement de la forêt. C'est l'INAO qui a décidé d'étendre et de donner ultérieurement la possibilité à certains vignerons de bénéficier de l'AOC Palette.

A partir d’une dizaine de cépages, les rouges prennent le repos durant trois ans dans des barriques de chêne pour être dégustés parfois après plus de dix ans. Les rosés sont parfaits de même que les blancs.



302/ 29 Octobre

LE COMMERCE DES VINS MAIS A QUEL PRIX !

Voici une anecdote qui remonte au 29 octobre 1707, et qui nous démontre la complexité de la commercialisation au delà des frontières. Ce texte est extrait de l’ouvrage de Marcel Lachivier (156)

En année d’abondance, il arrivait que les vins qui passaient la douane coûteraient moins chers que le droit qui y était établi, d’où cette remarque désabusée de Begon, intendant de La Rochelle et propriétaire d’un beau domaine viticole dans le Blésois, qui écrivait le 29 octobre au contrôleur général:

« Je n’ai qu’une ressource qui consiste dans la vente de 300 tonneaux de vin qui fait douze cent barriques que j’ai recueillis cette année, dont on n’offre pas le prix que les poinçons ont coûté. Il n’y a qu’un moyen de s’en défaire qui est de les envoyer en Hollande, mais il y a un impôt à Ingrandes qui excède de beaucoup le prix du vin et qui en interdit absolument le commerce. »


Port au vin à Dordecht (Pays-Bas) XVIIIe siècle, huile sur toile, Belastingungmuseum, Rotterdam.



303/ 30 Octobre

BIENVENU(E) A CERTAINES DÉFINITIONS DU VIN.

Vin des condamnés :

Celui que buvaient les condamnés à mort en arrivant au couvent des Filles-Dieu, où ils faisaient une station quand on les menait pendre à Monfaucon.

Vin de lit :

Celui qu’on présentait aux nouveaux époux, mélange de vin blanc et de rouge effectué par le prêtre en signe d’union.

Vin bâtard :

Celui qu’on coupait d’eau

Vin à trois feuilles:

Celui qui avait trois ans d’âge et avait vu trois fois la vigne donner des feuilles.

Vin à une oreille:

C’est le vin bon. Car ceux qui l’on but penchent une oreille en signe d’approbation.

Vin à deux oreilles:

C’est le mauvais vin. Car ceux qui l’ont bu secouent la tête pour indiquer qu’il ne le trouve pas bon.

Cette liste peut être complétée au gré de vos lectures bachiques



304/ 31 Octobre

QUAND UN VIN DE SAINT-QUENTIN FAIT BON TEINT.

De la Rome du II siècle à la Somme du III siècle, Saint Quentin laissa l’image d’un martyre que vénéraient ensuite « les enflés » !

Il donna son nom à la ville et ses reliques furent transférées au VI siècle à Noyon.

Aucun lien ne lie Quentin au vin, hormis de subtils jeux de mots ou d’allusions risquées que nous éviterons. Et pourtant dans certaines régions viticoles Saint Quentin a donné son nom à quelques communes viticoles. Pour ne citer que:

Saint-Quentin-de-Baron ( Bordeaux)

Saint-Quentin-de-Cap- long ( Bordeaux)

Saint- Quentin-les-Beaurepaire ( Centre)

Saint-Quentin-les-Marais ( Champagne)

Saint-Quentin-sur-Indrois(Centre)


Saint- Quentin-de-Baron
Vins A.O.C. : Le Bordeaux, le Bordeaux Supérieur et L'Entre Deux Mers


 

 

....Copyright © 2006 Marc HEIMERMANN .