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32/1er
Février
LES
TAXES SUR LES ALCOOLS, CHEVAL DE BATAILLE POLITIQUE.
Vins
et alcools sont à la croisée des chemins politiques,
économiques et sociaux.
La
captivité de François Ier vit la naissance
de l’impôt sur le vin par lequel il fallait
payer l’énorme rançon nécessaire
à sa libération de sa prison d’Espagne.
L’Etat, les taxes et l’alcool sont totalement
associés.
Chaque
équipe gouvernementale en France s’est arrogé
le privilège de taxer les vins et alcools comme moyen
premier de subvenir en recettes fiscales, et secondairement
au prétexte de réduire les consommations abusives
d’alcool (voir 15 février). C’est sans
compter avec le monde de la viticulture qui représente
une part non négligeable de la population active
et c’est aussi sans compter avec l’ensemble
de la population consommatrice.
Ministres
de l’Agriculture ou Ministres des Finances, ils purent
se rendre célèbres par nombre de textes de
lois , de décrets et autres injonctions qui ont marqué
l’histoire du monde viticole.
A
titre d’illustration citons le fameux épisode
de la taxation des armagnacs qui connut son paroxysme social
le 1er février 1981, en pleine campagne électorale
pour la présidentielle.
En
tentant d’augmenter de 50% les taxes sur les eaux
de vie classiques, le gouvernement barriste se met à
dos la corporation et malgré la hardiesse du député
Hardy à en limiter le montant. Mais c’est sans
compter sur la fougue du député local André
Cellard grâce à qui les dégâts
purent être limités, non sans provoquer la
naissance d’un « front du refus ».
Armagnac,
Alcool, Augmentation des taxes, une voie assurée
pour faire son entrée dans les hautes sphères
politiques, puisque le député de l’Armagnac
obtint quatre mois plus tard le poste de Ministre de l’Agriculture
dans le gouvernement Mauroy. (10)
Nous
sommes à, la veille de la chandeleur, « l’hiver
passe et prend rigueur ».
33/2
Février
L’OURS
ET LA VIGNE DE LA CHANDELEUR.
"A
la chandeleur
sors
le sécateur,
dans
un coin mets
fuseau
et rouets"
40
Jours après la naissance du Christ, l’imaginaire
populaire voit sortir un ours ou un homme sauvage de sa
caverne, on est le 2 février.
Ce
même jour marque aussi les relevailles de la Vierge
dans le calendrier liturgique. C’est l’annonce
d’une nouvelle période de fécondité.
En effet, quarante jours après une naissance, la
femme retrouve sa fécondité.
2
février, c’est la fête de la chandeleur
:
Serait-ce
le premier jour de carnaval (le début des fêtes
dionysiaques du temps des Romains) et le dernier jour des
veillées hivernales ? C’est en tous les cas,
le premier jour de travail dans les vignes.
Ainsi,
s’il fait clair ce jour du 2 février, l’ours
rentre à nouveau dans sa caverne et l’hiver
est prolongé de quarante jours. S’il fait sombre,
l’ours sort définitivement de son abri et c’en
est terminé de l’hiver.
C’est
pourquoi, l’homme sort sa serpette le 2 février
pour aller tailler la vigne. Et les femmes pénètrent
pour la première fois dans les vignes pour nouer
les sarments à l’échalas.
Symbole
du passage de l’hiver au printemps, c’est le
port du masque des morts (allusion aux fêtes romaines,
de la cérémonie du passage du fleuve ( carnaval
de Bâle ), de la procession des boiteux ( le jour
de la chandeleur à Andlau en Alsace ), celui de l’ours
dans la constellation Acturus ( projection de l’ours
terrestre dans le ciel ).
L’ours
d’Andlau (68) Photo Marc Heimermann
Les
vignerons alsaciens voient dans la chandeleur une fête
où les âmes des morts se mettent à circuler
pour redonner fertilité.
Allumer
les chandelles, c’est rappeler le feu purificateur
et montrer que la Lumière s’est manifestée
au monde.
De
même, le cérémonial des crêpes,
minces et fines galettes légèrement ondulées,
symbolise aussi cette Lumière qui se propage en ondes
légères.
Isabelle
Blanquis a parfaitement illustré ces traditions populaires
selon les aléas du calendrier viticole dans deux
magnifiques ouvrages (11) et (12)
Nous
reviendrons parfois sur ces deux références.
Un
petit clin d’œil, au passage, à un vignoble
des Corbières situé à Floure et propriété
de Suzan et Peter Munday:
«
Le Domaine des Chandelles »
"Chandeleur
borgnette,
vendange
est faite"
34/3
Février
LE
SOUFFLE DE SAINT BLAISE.
Cette
fête s’inscrit également dans le cycle
de Carnaval.
Au
lendemain de la chandeleur, à Lembach, petit village
alsacien au pied des Vosges,
on
bénit le 3 février du vin dans des coupes
contenant les reliques de Saint Blaise.
Ainsi,
chacun boit un peu de sang du saint pour guérir des
maux de gorge ;
Car,
il faut préciser qu’en allemand « blasen
» veut dire le souffle. C’est pourquoi Saint
Blaise est célébré comme patron du
souffle, des maux de gorge, donc de l’air qui passe….
C’est
aussi le patron des âmes des morts.
Est-ce
à dire que le fait de souffler dans le ballon, c’est
comme s’en remettre à Saint Blaise, afin d’éviter
les foudres de la répression.
Du
souffle éthylique aux airs évanescents, Saint
Blaise protège ceux qui modèrent leurs élans.

École
portugaise, Saint Blaise, 1475-1500, collection particulière
35/4
Février
GROS
PLAN SUR VÉRONIQUE OU LA FOLLE BLANCHE.
Véronique
serait –elle devenue folle ?
Non
car, il s’agit de fiole ! En effet, dans le pays nantais,
on embouteille le fameux Gros Plant (un vin de qualité
supérieure) dans des bouteilles appelées «
Véronique » et qui comportent 3 anneaux sur
le goulot afin de les distinguer des autres bouteilles originaires
de la Loire.
Mais
la Folle Blanche c’est aussi le nom du cépage
découvert par Guillot au Loroux – Bottereau
situé en Loire Atlantique.
La
Folle Blanche aime se donner des noms variés d’une
région à l’autre ( Enrageat en Gironde,
Fou en Dordogne, Picpouille dans le Gers, Rochelle blanche
dans l’Aube, Ugne Blanche dans l’Ariège
etc…)
Mais
en pays nantais la Folle Blanche s’est transformée
en Gros Plant.
Faire
un gros plan sur ce célèbre cépage
au nom hystérique, c’est souligner son feuillage
blanc frisé dont chaque feuille a le limbe découpé
comme celui du chasselas (parole d’ampélographe
!).
La
Folle Blanche était très célèbre
avant la crise phylloxérique, car elle représentait
le cépage de base des vins Charentais pour donner,
après distillation, le cognac et l’armagnac.
Sachez
enfin, que posséder des Véroniques, c’est
aimer les vins de folle peu alcooliques et toujours acides.
A
boire sans tarder, toujours avec modération, et bien
sûr avec régal, lorsqu’ils sont accompagnés
de quelques fruits de mer.
Sur
certains tableaux anciens (Hans Memling ou Jérôme
Bosch) Sainte Véronique est représentée,
toujours avec un visage très blanc et elle tend le
linceul blanc sur lequel se dessine le visage du Christ.
Folle Blanche B. INRA
36/5
Février
DE
SAINTE AGATHE A SAINT AVIT.
«
A Sainte Agathe va à ta vigne
Si
ce n’est pour y travailler
Du
moins pour y déjeuner »
Le
calendrier contemporain cite Saint Avit au 5 février,
alors que le calendrier liturgique célèbre
le même jour Sainte Agathe ( voir plus haut).
On
connaît peut être « l’horrible sort
» qui fut celui de Sainte Agathe, dans les supplices
atroces que lui infligèrent ses bourreaux parce qu’elle
défendait sa chasteté.
On
représente souvent Sainte Agathe, les seins coupés,
posés sur un plateau, et tenant en sa main une tenaille!
Point de rapport avec la vigne, si ce n’est par assimilation
à la symbolique divine du sacrifice humain. «
Verser son sang par amour »
Tout
le contraire, dans le rapprochement de Saint Avit avec le
vin.
Ici,
« On verse le vin pour son plaisir »
Est-ce
pour cela que dans les environs de Bordeaux Sainte-Foy,
la foi dans les vins bordelais est manifeste, plus particulièrement,
dans les communes de Saint-Avit-de-Moiron et de Saint-Avit-du-
Soulège ?
Sans
oublier ces autres petits vignobles situés sur la
commune de Saint-Avit en Charente dans le canton de Chalais
et plus au sud de la Gironde : Saint-Avit- Frandat dans
le Gers.
37/6
Février
DEUX
SPIRITUELS GASTON.
Deux
figures emblématiques, dont le prénom les
rapproche sur l’autel de la célébration
bachique.
Gaston
Bachelard, le philosophe devenu poète et Gaston Roupnel
l’historien devenu philosophe;
Tout
les réunis dans cette quête du rapprochement
de la vie spirituelle, de la vie terrestre, ou inversement.
Bachelard
naît en 1884, soit treize ans après Roupnel
, qui meurt en 1946, soit seize ans plus tôt que Bachelard.
Tous
les deux enseignent à Dijon , Gaston Roupnel comme
professeur d’histoire à la faculté des
lettres, Gaston Bachelard comme philosophe.
Deux
livres fétiches :
«
Histoire de la campagne française » écrit
par Gaston Roupnel avec de nombreux passages traitant des
activités viticoles de nos régions.
«
La Terre et les Rêveries du repos » de Gaston
Bachelard avec un chapitre consacré au vin et à
la vigne des alchimistes.
En
épigraphe à ce chapitre X, G. Bachelard cite
un extrait de l’Histoire de la Campagne française,
(13)
«
Comme me disait Gaston Roupnel , la vigne crée tout,
même son sol. « « C’est la vigne
elle même qui, en entassant ses débris et ses
déchets, s’est construit son propre terroir,
et s’y est composé la noble et subtile essence
dont elle nourrit son fruit. » »
Qu’est-
ce que le vin, se demande Bachelard ? « C’est
un corps vivant où se tiennent en équilibre
les esprits les plus divers, les esprits volants et les
esprits pondérés, conjonction d’un ciel
et d’un terroir. »
Et
c’est là que se rejoignent encore plus nos
deux philosophes poètes.
Romain
Rolland, disait d’un ouvrage de G. Roupnel qui échappa
au prix Concourt, qu’il n’avait jamais lu un
livre qui réalisât une harmonie aussi haute,
aussi pleine de science et d’amour. Il parlait de
« Siloé ».
Gaston
Roupnel, Père spirituel de la Confrérie des
Chevaliers du Tastevin, chantre de la terre bourguignonne,
rejoint définitivement et le plus modestement, sa
terre d’élection, en reposant définitivement
aux pieds du vignoble de Gevrey- Chambertin, véritable
retour aux sources colorées de pourpre et d’or.(14)
G.
Bachelard s’interrogeait sur le pourquoi du rouge
et doré du vin. Comment le vin peut-il avoir tant
de couleurs ?
Assurément,
le vin « est vraiment aux deux pôles de la plus
grande des transmutations, la transmutation du vieil or
en jeunesse humaine ».
Des
Côtes d’Or, Gaston Bachelard , après
avoir gagné le temple de la haute spiritualité
intellectuelle qu’est la Sorbonne, légua, non
sans prestige, son œuvre imaginaire aux grands existentialistes
de la Capitale.
Et
d’affirmer que « le vin est vraiment un universel
qui sait se rendre singulier, s’il trouve toutefois,
un philosophe qui sache boire ».
Chers
Gaston, comme vous, on ne peut qu’associer la vigne
au bonheur !. Référons nous, en cela à
un ouvrage peu répandu, écrit par un troisième
Gaston, sous le titre : « Mes vendanges » (15),
nous avons cité :
Gaston
Bonheur !
38/7
Février
DE
L’ARROSAGE DES VIGNES DE SAINTE-EUGÉNIE.
Sainte
Eugénie vierge martyre vers 250 de notre aire fut
décapitée après avoir chaque fois survécu
à la noyade forcée, au bûcher et à
la fosse aux lions.
On
peut imaginer par une association un peu hasardeuse que
la vigne peut aussi connaître le martyr.
Dans
les contrées languedociennes souvent le vignoble
connaît le désastre de l’eau, du feu
voire l’arrachage intempestif.
L’anecdote
qui suit démontre au contraire que pour préserver
les vignes de Sainte Eugénie il est nécessaire
d’avoir recours à l’eau.
Dans
son ouvrage, « Les Vignes » datant de 1895,
Müntz traite plus particulièrement de recherches
expérimentales sur la culture et l’exploitation
des vignes. (16)
Il
s’intéresse, à un moment dans ses études,
plus particulièrement au Domaine baptisé Sainte-Eugénie
qui appartient à cette époque à Auguste
Dreyfus.
Les
vins que donne ce domaine sont des vins de plaine avec pour
cépage principal le Carignan, car il se situe dans
cette riche vallée alluvionnaire qui s’étend
entre Prades et la mer, et où s’écoule
le torrent de la Têt.
Les
vignes de Sainte-Eugénie sont ainsi plantées
profondément dans ses fertiles alluvions, ce qui
donne un vin à plus forte densité alcoolique
que les vins du bord de mer.
Müntz
nous précise que compte tenu de leur situation géographique,
les vignes de Sainte-Eugénie peuvent être soumises
à l’arrosage. C’est pourquoi l’on
parle de vignes situées à l’arrosage.
Or
paradoxalement, cette contrée qui bénéficie
de l’apport des eaux des Pyrénées et
des Corbières, n’a besoin d’arrosage
que fort accidentellement.
C’est
peu avant 1890, que cette contrée a été
plantée en vignes, juste après la crise du
Phylloxéra. Ainsi le domaine de Sainte-Eugénie
participa à la prospérité des vins
roussillonnais jusqu’aux évènements
sociaux qui ont gagné toute la corporation viticole
vers 1907, pour enfin réussir la reconversion d’aujourd’hui.
39/8
Février
GIVRY,
LE VIN D’HENRI IV.
Givry
s’est vu décerné l’AOC le 8 février
1946. Petit village de la côte Chalonnaise à
l’extrême sud de la Bourgogne, il se caractérise
par un vin rouge issu du pinot noir à jus blanc.
Le
décret fixe le rendement de base à 45 hl par
hectare. La récolte moyenne avoisine les 8000 hl
sur près de 170 hectares. Givry et ses trois communes
avoisinantes, produisent en majorité des vins rouges,
beaucoup moins de blancs, quoique excellents à la
dégustation. Les rouges sont généralement
comparés aux Volnay.
Le
nom de Givry proviendrait du nom gaulois de « gabros
» qui désigne le bouc. Or le bouc demeure l’animal
consacré dans l’Antiquité au Dieu Dionysos.
Outre
le vin, Givry possède comme ressources, le blé
(d’où la célèbre halle au blé
ronde comportant huit portes d’accès pour les
attelages) et la forêt puisqu’elle représente
sur le ban communal une surface de plus de 1000 hectares.
Givry
c’est aussi l’association avec le roi Henri
IV qui en avait fait son vin de prédilection, alors
qu’il résidait en compagnie de la belle Gabrielle
d’Estrées, au château de Germolles appartenant
à la comtesse flamande Marguerite de Flandre.
D’où
la naissance en 1966 de la Confrérie des Chevaliers
du Cep Henri IV. La Confrérie compte près
de 200 chevaliers qui se réunissent le dimanche précédent
le 22 janvier pour un chapitre solennel dit de la Saint
Vincent. (17)
Lorsque
apparaît le roi Henri IV muni de son panache, en plein
milieu de la cérémonie, le faux roi déclame
le quatrain suivant :
«
Bien que je sois un franc Béarnais de naissance
La
Bourgogne saura me changer pour toujours
Le
bon vin de Givry reçoit ma préférence
Le
château de Germolles abrite mes amours. »
Notons
enfin que le premier dimanche de septembre, Givry organise
chaque année, sa fête de la Vigne.
Cette
fête est placée sous le dicton grivotin bien
connu :
«
Pour avoir de l’esprit
Buvez
du Givry
Le
bon vin du roi Henri. »
Le
vignoble du clos des celliers à Givry
Les
Confréries en Bourgogne Marie Thérèse
Berthier et John Thomas Sweeney ( éditions la Manufacture)
40/9 Février
LE
CLOS DE SAINTE APOLLINE.
Non
loin de la Vallée Noble, en quittant la ville de
Rouffach sur laquelle veille Saint Urbain, patron des vignerons
d’Alsace, ( voir 19 décembre ), on empruntera
un chemin sinueux qui conduit sur le coteau appelé
Bollenberg situé au sud de Westhalten.
Le
Bollenberg (colline dédiée au dieu soleil
des germains) est une colline à la caractéristique
double : celle du versant Est, couvert de hautes herbes
ondoyant sous l’effet des vents du sud et qui lui
donnent une allure de landes sauvages et celle du versant
Ouest sur lequel s’étendent les longues rangées
de cépages aux couleurs jaunes et ocres.
A
l’horizon proche des ballons vosgiens, se dresse une
petite chapelle blanche, appelée « chapelle
des sorcières » alors que longtemps elle fut
un lieu de pèlerinage en l’honneur de Sainte
Apolline jusque vers la fin du XIXe siècle.
Chapelle
du Bollenberg. Photo Marc Heimermann
Aujourd’hui,
ce lieu magique, a retrouvé ses sources historiques
lorsque ce riche domaine viticole appartenant à la
famille Meyer fut baptisé « Clos Sainte-Apolline
». Grâce au terrain calcaire et à un
micro climat similaire à celui des régions
méditerranéennes, on obtient un vin blanc
exceptionnel au bouquet des plus spécifiques, comme
le sont les autres vins tous classés grands crus,
des collines avoisinantes aux noms locaux évocateurs
:
Le
Zinnkoepflé, le Vorbourg, le Steinert et le Strangenberg.
Un
séjour au Domaine du Bollenberg, sous l’aile
protectrice d’Apolline, ce sera, à n’en
pas douter une véritable cure gastronomique et œnologique.
A moins que votre état de santé vous contraigne
à pousser un plus dans la vallée et à
vous arrêter pour une cure plus thermale grâce
aux eaux de Soulzmatt (les sources Nessel )
Dans
les deux cas, ce sera un retour aux sources.
Nb
: vous aurez observé que Sainte Apolline est toujours
représentée tenant une dent pincée
dans une tenaille.
Allusion
à sa mort sur le bûcher, qui suivit celle de
l’affreux supplice de l’arrachage de toutes
ses dents.
Elle
est ainsi devenue la patronne des chirurgiens dentistes.
41/10
Février
SAINT
ARNAUD POÈTE BACHIQUE.
Arnald
de villa nova
«
Quelle odeur sens je dans cette chambre ?
N’est
ce point ce vin qui pétille
Dans
le cristal que l’art humain
A
fait pour couronner la main
Et
d’où sort quand on veut boire
Un
air de framboise à la gloire
Du
bon terroir qu’il a porté
Pour
notre éternelle santé »
Saint
Arnaud, poète du XVII ème siècle
A
signaler également que nous devons l’existence
de l’alambic, à Arnaud de
Villeneuve ( médecin, diététicien et
connaisseur de vin ) qui le découvrit en Orient et
en importa le principe de la distillation des alcools.(1309)
42/11
Février
LA
ROUSSETTE DE SEYSSEL, SON ALTESSE DE SAVOIE.
A
peine le Rhône sorti du lac Léman, à
quelques kilomètres de la frontière genevoise,
le voici se diriger vers le Lac du Bourget.
C’est
aux limites des départements de l’Ain et de
la Haute Savoie que se situe de chaque côté
du fleuve l’une des toutes premières AOC de
Savoie : le vignoble de Seyssel de par le décret
daté du 11 février 1942.
Environ
80 hectares sont exploités et tardivement vendangés.
Deux cépages caractérisent ce vin considéré
déjà en 1931, par le Dr Paul Ramain comme
« le meilleur vin blanc de Savoie », il s’agit
de l’Altesse et de la Molette. Compte tenu de la configuration
géologique de cette région, la production
reste modeste (environ 4000 hectos)
L’Altesse
ou Roussette trouve son origine dans l’île de
Chypre et se caractérise par l’arôme
de la violette. Le duc de Savoie marié à la
comtesse de Lusignan, elle même propriétaire
de l’île, donna l’occasion à Louis
II de l’emporter dans ses bagages,.
La
Molette, en référence à la tendreté
de sa chair rentre dans la composition des vins de Seyssel
mousseux ; Sa caractéristique gustative est de laisser
un goût un peu âcre et herbacé.
En
tous les cas, ces deux cépages font de notre Roussette,
un vin de Seyssel exquis, d’un beau jaune paille.
Le
vieillissement en cave confère à ce vin des
couleurs dorées et une grande finesse à la
dégustation.
A
signaler une maison très recommandable : la Maison
Mollex (Molette oblige !) dont on peut souligner la qualité
des vins en provenance du Clos de la Péclette ou
du Clos de la Taconnière. Tout un programme !

43/12
Février
DIONYSOS
ET BACCHUS S’INVITENT AU CARNAVAL.
Thucydide
( II,15 ) nous relate que les plus anciennes fêtes
de Bacchus appelées Anthestéries duraient
près de trois jours, du 11 au 13 février du
mois Anthistérion.
Le
premier jour est consacré au vin, le deuxième,
soit le 12, aux cruches qui sont autant d’occasions
de concourir qui s’offrent à ceux qui ingurgiteront
le plus rapidement le cruchon de vin. Alors que le troisième
jour est plutôt consacré aux rites funéraires
sous forme de libations faites à partir de l’eau.
Serait ce là, la correspondance plus tardive avec
la cérémonie dite des cendres dans la religion
catholique ?
Ces
bacchanales ( pour la Rome antique ) sont les fêtes
qui rythment le passage de l’hiver au printemps et
qui sous l’effet de l’absorption d’alcool,
laissent libre cours aux divagations sexuelles. Ainsi l’ivresse
mystique du vin, ce culte de l’excitation permet à
une communauté de s’adonner à tous excès
et libertés jusqu’à vouloir s’identifier
à toute divinité.
D’où
les processions antiques avec phallus en évidence
pour confirmer la virilité, de la même façon
que les fêtes carnavalesques récentes laissent
libre cours aux formes de libertinage.
Toute
l’histoire de Dionysos et de Bacchus le Dieu gréco-romain
nous plonge dans le monde des fêtes et danses, passant
alternativement entre la réalité quotidienne
( la science de la vigne ) et le monde de l’exception
avec le théâtre ou le carnaval ( les élans
du boire ), en somme toute la symbolique du passage de la
vie à la mort.
Le
Dionysos grec apparaît toujours masqué se rendant
ainsi à la fois présent et absent, donc d’une
identité plus qu’équivoque.
Habitant
les puissances de la vigne, le jaillissement de son suc
fait précipiter l’humain dans la bestialité
ou vers l’extase divine.
La
transgression dionysiaque est sociale. Tout carnaval, et
ses défilés de masques et de travestis, ses
orgies, ses règlement de compte, ses défoulement
collectifs sont présents dans de nombreux pays (
Bahia, Haïti, Venise, Bâle, Cologne, etc…)
De
nombreux ouvrages se sont consacrés à cette
mythologie, car elle traverse toute l’histoire de
l’humanité et accompagne le processus de production
des vins tout au cours de notre civilisation. (18)
Le
vin est bien associé au di-vin. Si ce n’est,
au moins le temps d’une fête.
Extrait
d’un dessin de Blachon
44/13
Février
SAINTE
BÉATRICE, L’INVITEE DE LA PRINCIPAUTÉ.
C’est
l’histoire d’un restaurateur monégasque,
qui, las de son travail très prenant, décida
un jour de trouver un coin de repos, loin du tumulte des
touristes et des emprises mobilières.
C’est
ainsi que Jacqueline et Jean Pierre Novaretti découvre
sur la commune de Lorgues, en pleine garrigue leur cabanon
de prédilection entouré de quelques vieux
pampres de vigne.
En
1980, Jean Pierre Novaretti récolta sa première
vendange.
Le
domaine allait prendre de l’essor. Baptisé
Sainte Béatrice en l’honneur de sa deuxième
fille, le domaine produit tout ce que la contrée
connaît de cépage et fournit à lui seul
65% de ses 100 000 bouteilles sur les seuls grands restaurants
et hôtels monégasques. Une façon, pour
ce couple entreprenant, de ne pas renier ses premiers pas
dans la Principauté.
Rouges,
rosés et blancs forment la palette tricolore d’un
domaine viticole à la renommée assurée
et digne des meilleurs vins de la côte provençale.
(19)

45/14
Février
LES
AMOUREUX DU VIN
C’est
la fête des amoureux, la fête de l’amour.
Le Printemps est proche, encore un mois. D’ici là
laissons nous griser par les pensées volages. Peynet
aura su toute sa vie illustrer le petit couple magique.
Il s’en est allé la veille de la fête
qui lui aura été fatidique. Ce qui bien entendu
rendit tout le monde fort « peiné ».
En
hommage, nous illustrons, en ce 14 février parmi
l’un de ses nombreux dessins, celui qui ornait le
menu du chapitre des vendanges qu’il présidait
en 1975 au Château du Clos-de-Vougeot.
Et
si l’amour, c’était la vigne ! ou la
vie. Amour et vin sont-ils compatibles ?
On
savourait déjà avec les poètes du XVe
siècle le vin amoureux.
En
tous les cas, toute une tradition veut en effet qu’on
choisisse.
Il
y a une vie pour aimer, et une vie pour boire.
«
Que le vin et la musique réjouissent le cœur
de l’homme, mais que l’amour de la sagesse surpasse
l’un et l’autre »
L’Ecclésiastique
XL, 20
Dessin
de Peney 1975
46/15
Février
LE
ROI ALCOOL OU LE DÉMON DES BUVEURS.
La
mention inscrite sur toutes publicités françaises
à savoir : « l’abus d’alcool est
dangereux pour la santé, à consommer avec
modération » est la suite logique d’un
long combat entre les producteurs de boissons alcoolisées,
les consommateurs et les pouvoirs publics.
On
peut affirmer que la consommation d’alcool, qui suivait
la progression des surfaces productives en vin atteignit
un jour une côte d’alerte. L’on multiplia
dès lors les productions d’alcool par distillation
des surplus de vin.
A
l’origine, l’alcool pur était considéré
comme remède pour accroître la longévité,
d’où le nom d’ « eau de vie »
! Les œuvres d’Ambroise Paré en témoignent
sur les bienfaits de « l’âme ou de l’esprit
du vin ».
C’est
ainsi que grâce à l’impulsion des ordres
monastiques, se développèrent à partir
du XIIe siècle dans toutes les contrées d’Europe
la distillation de produits agraires variés :
Orge
pour l’eau bénite devenue whisky en Ecosse
et en Irlande
Orge
ou le genièvre pour le gin en Hollande et en Angleterre
Maïs
et blé pour la vodka en Pologne et en Russie
Fruits
pour le schnaps en Allemagne
Houblon
pour la bière
Il
ne fallut pas longtemps, pour dresser des barrières
au développement de la consommation des alcools qui
apparaissait comme un fléau national, pour la France
en particulier.
L’arrêt
du Conseil d’Etat du Roi du 15 Février 1786
limitait la circulation des alcools, tout particulièrement
à l’entrée de Paris. (voir aussi 14
juillet ) (20)
Ces
directives allaient être contredites seulement 20
ans plus tard, par l’instauration du privilège
des bouilleurs de crus, créé par Napoléon
en 1806 ; Mais là, les raisons politiques prévalurent.
Ce
n’est qu’en 1960, avec Mendès France
que sera remis en cause la transmission automatique du dit
privilège, qui aujourd’hui n’est plus
qu’un souvenir, malgré l’existence encore
de 2,5 millions de bouilleurs ! !
Le
XIX siècle pouvait être considéré
comme le siècle de l’alcoolisation :
D’abord
, il y eu l’alcoolisation bourgeoise avec les boisons
« apéritives » et « digestives
» dont le degré d’alcool augmentait jusqu’à
des taux supérieurs à 60/70°. Tel fut
le succès de l’absinthe, « la fée
verte » mise à la mode par le mouvement littéraire
de l’époque ( Verlaine, Rimbaud, Baudelaire…)
les peintres ( Van Gogh , Toulouse-Lautrec et Degas).
Puis
ce fut l’alcoolisation du monde ouvrier avec la trilogie
célèbre : prolétariat, misère,
alcool. Les alcools dit « de qualité »
étant trop chers, le « peuple » se contentait
alors des produits frelatés, et autres « bibines
» qui gagnaient toutes les catégories et tous
les âges ( vieillards, femmes, conscrits, nourrissons…)
(21)
S’ensuivirent,
des mouvements contradictoires de libéralisation
et de répression côté des gouvernants
et des lobbies alcooliers, et des constitutions d’associations
de défense ou de lutte, côté des consommateurs
et des éducateurs..
Fusent
et se multiplient les traités et les ouvrages politiques
,scientifiques, d’hygiène et d’éducation.
Malgré
cela, la France garde le triste privilège d’être
un des plus grands consommateurs de boissons alcoolisées.
Exprimée
en quantité annuelle d’éthanol, la consommation
était de 14,6 litres par français en 1831,
31,1 litres en 1931 et de 28,8 litres en 1955. En 1985,
la France était toujours dans le peloton de tête
avec 13,5 litres d’alcool pur.
Loi
Evin oblige, le paradoxe français tient bon ! Jamais
à l’aube du 3ème millénaire,
on a autant lu, écrit, bu, parlé, acheté,
conservé, vendu, vu, fêté, imaginé,
consommé, dégusté, encensé,
médaillé, distribué, publié
sur le vin ou du vin.
47/16
Février
LE
ROI DES BUVEURS OU LE DÉMON ALCOOL
Le
16 Février 1911, le Journal, « L’Humanité
» titrait « Assez de victimes aux travailleurs
» sous l’égide de l’Association
des Travailleurs Anti – alcooliques.
Pour
faire suite, au Roi Alcool ( 15 février), il nous
semble opportun de revenir sur le fléau.
Malgré
les recommandations de Louis Pasteur « Un repas sans
vin et comme un jour sans soleil »et « le vin
est la plus hygiénique des boissons », on ne
peut passer sous silence les méfaits de l’abus
d’alcool et la façon dont nos sociétés
a à y faire face.
Boire
est un phénomène intrinsèquement social.
« Dis moi donc avec qui tu bois et je te dirai qui
tu es ». «S i tu bois seul, tu n’es qu’un
ivrogne banni de la société ». Boire
était l’apanage des hommes, pour se donner
du courage, une forme de virilité, en se retrouvant
dans tel estaminet, ou bistrot. Boire c’est donner
libre cours à la parole, au parler vrai.
André
Bernand , anthropologue, souligne que boire ensemble est
un « acte de réciprocité et de communion
» et que par l’excès l’individu
devenu ivre, se met « hors normes » par sa revendication
individuelle de l’excès.
Offrir
à boire demeure un geste d’hospitalité
et ce depuis les temps anciens à l’instar de
Dionysos offrant le vin à Icarios jusqu’au
cérémonial de la réception des invités
au sein de sa maison, qui commençait par la séance
de l’apéritif. L’alcool devient l’attribut
du maître de maison. Quant à savoir quel vin
servir ? Il est fonction de l’hôte. A tel hôte,
tel vin. (22)
L’alcool
source de danger, mais aussi compagnon face aux dangers.
L’histoire nous démontre comment les humains
ont affronté la peur, le « quart de vin »
pour le poilu de la Grande Guerre, les alcools forts pour
les marins pêcheurs partis dans les hautes mers, les
« litrons rouges » pour les mineurs de fond,
les whisky et cognac pour les travestis qui se prostituent
le long du périphérique parisien.
Le
sommet de la déchéance s’exprime avec
les femmes qui succombent par leur faiblesse à ce
démon. C’est l’alcoolisme féminin.
Mais Jean Rainaut neuropsychiatre distingue d’autres
formes d’alcoolisme :
L’alcoolisme
d’entraînement : « Il est des nôtres,
il a bu son coup comme les autres »
L’alcoolisme
mondain : sous couvert des bonnes convenances, la bourgeoisie
ou l’aristocratie, les « cadres d’aujourd’hui
» n’échappent pas à ce phénomène
qui reste beaucoup plus diffus . On passe du gros rouge
au vin d’honneur !
Que
dire aujourd’hui des chants à boire ?
N’avons
nous pas tous chanté à l’unisson :
«
Chevalier de la table ronde, Si je meurs ,je veux qu’on
m’enterre
Goûtons
voir si le vin est bon Dans une cave, où il y a du
bon vin
S’il
est bon, s’il est agréable, Les deux pieds
contre la muraille
J’en
boirai jusqu’à mon plaisir ; et la tête
sous le robinet
J’en
boirai cinq à six bouteilles Sur ma tombe, je veux
que l’on inscrive
Une
fille sur les genoux.
Si
je meurs, je veux qu'on m'enterre
Dans
une cave où il y a du bon vin
Les
deux pieds contre la muraille
et
la tête sous le robinet
Sur
ma tombe, je veux que l'on inscrive
Ici
gît le roi des Buveurs...."
Désirs
d’ivresse, Alcools, rites et dérives, Collection
Mutations « Autrement » n° 191 février
2000
48/17
Février
L’ESPRIT
DU VIN OU LE VIN DES PHILOSOPHES
En
hommage au philosophe italien Giordano Bruno mort, brûlé
vif le 17 février 1600 à Rome, nous proposons
une escapade philosophico-oenologique.
«
Le vin est la caverne de l’âme » Convivia,
Erasme (Philosophe)
Il
y a un lien étroit entre le viticulteur alchimiste
et penseur, et le philosophe spirituel et buveur .
De
l’Antiquité à nos jours , depuis Platon
jusqu’à Michel Onfray, on ne compte plus les
écrits et pensées sur l’intelligence
du vin. « In vino veritas ». Il est vrai, que
la « vérité est dans le vin »
Le
vin constitue le patrimoine de l’humanité,
et c’est ainsi qu’il ne peut échapper
à l’interrogation des philosophes .Car les
philosophes doivent beaucoup au vin, pour leur inspiration
certes, mais aussi pour leur enivrement, l’un ne pouvant
pas aller sans l’autre.
L’histoire
ancienne nous offre une abondante littérature dont
les œuvres ont généralement pour titre
ou recueil : « le banquet » ( Athénée,
Erasme,Julien, Petrone, Plutarque, Xenophon )
A
quoi sert le vin ? Source d’illumination intellectuelle,
il renferme sa pérennité existentielle en
réapparaissant indéfiniment à chaque
millésime. Le vin n’est-il pas le liquide qui
vit le plus longtemps et possède en lui le principe
d’éternité. Le vin définit l’essence
humaine.
De
plus grâce au vin ,nous accédons à la
connaissance suprême, celle de faire appel à
nos cinq sens à la fois. C’est l’appel
des cinq sens (cf Michel Serres) , c’est donner un
sens au vin, c’est aller dans le sens des appels du
vin.
C’est
Rabelais qui a le mieux démontré les liens
entre philosophie et vins. A « Dive bouteille »
tu consacres la vigne.
L’histoire
de la philosophie française nous démontre
combien les philosophes comme Rousseau (23), Diderot (24),
Voltaire s’appuient sur l’imaginaire du vin,
comme un moyen de préparer à la fête
collective, levant tous interdits.
Plus
récemment, au-delà du concours inassouvi des
écrivains et poètes sur les raisons fondamentales
et transcendantales du vin dans notre existence, des penseurs
comme Bachelard (25) ou Michel Onfray (26) confirment le
côté hédonistique de la substance. C’est
tout l’art de la dégustation pour exprimer
la juste intuition de la vérité.
Comment
un vin peut-il porter dans sa liquidité, l’essence
même de ce qu’ont été vigne, cépage,
terroir et la transformation alchimique ultime. Bachelard
considère « le vin et la vigne des alchimistes
»comme des archétypes substantiels du monde
de la matière.
«
C’est vraiment une substance hiérarchisée
qui est sûre de ses bienfaits ».
Il
y a aussi ce que Onfray nomme « l’éthylisme
éthique de Kant », à savoir qu’il
vaut mieux une ivresse par le savoir, qu’une avilissante
beuverie.
Le
vin des philosophes, une quête sublime, moyen d’existence
et de subsistance de la matière vers l’esprit
«
Il est récipient de temps magnifiés, transcendés,
sublimés » nous dit Michel Onfray. »
«
Il n’est pas d’art sans créateur qui
le produit et sans récréateur qui l’accomplit
» dit- il par ailleurs.((27)
Saint-Emilion,
photo Marc Heimermann
On
ne se lassera jamais de remonter aux sources imaginaires
pour s’élever vers d’inlassables interprétations
aptes à la communication débordante ou à
l’introspection intime.
On
peut partager avec délectation la « philosophie
du Chinon » comme « la théorie du Sauternes
» et ainsi délaisser un temps les chanteurs
de nectar ou les causeurs du pinard. (28)
49/18
Février
UNE
GRANDE DAME EN CHAMPAGNE.
Un
jeune femme, née Jeanne Alexandrine Mélin
perd brutalement son mari le 18 février 1858.
Elle
a 39 ans et se trouve ainsi avec ses deux enfants à
la tête d’une entreprise de vins de champagne
dont les destinées vont en faire l’une des
plus célèbres maisons de Reims. (29)
Madame Veuve Pommery, Archives Maison Pommery
Lorsque
Madame Veuve Pommery s’éteint à son
tour le 18 mars 1890, elle est célèbre dans
le monde entier. Elle lègue un domaine dont la production
dépasse les deux millions de bouteilles.
L’itinéraire
mouvementé de cette célèbre Maison
est magistralement relaté par un de ses descendants,
œnologue, le Prince Alain de Polignac.
La
maison Pommery, outre le prestige de ses champagnes, possède
de riches collections et références au monde
de l’art. Elle possède aussi un objet étonnant
de par sa taille : le grand Foudre de Emile Gallé,
maître ébéniste à Nancy.
D’une
contenance de 75 000 litres, soit près de 100 000
bouteilles, il est aujourd’hui l’un des plus
gros du monde.
Alain
de Polignac résume l’histoire de cette grande
dame à la fin de l’ouvrage dédié
à son aïeule en ces termes :
«
Le Domaine peut se lire comme un livre d’images, comme
l’étaient les cathédrales lorsque les
gens savaient. Tout ce qui fait l’esprit de Pommery
est pratiquement là, écrit dans la pierre
par la seule volonté de cette femme de génie
et de cœur. »
Si
vous passez par Reims, ne manquez pas la visite de la Maison
Pommery aujourd’hui propriété du Groupe
LVMH, après avoir été successivement
celles des Groupes Gardinier, et BSN.
Un
joyau également financier sans aucun doute.
50/19
Février
LE
ROI LOUIS XVI, DÉFENSEUR DES VINS
Louis
XVI
C’est
en effet par Arrêt du Conseil d’état
du Roi et lettres patentes…que Louis XVI en date du
19 février 1787, accepte d’augmenter les déductions
accordées aux Propriétaires, Vignerons et
Laboureurs sur les boissons provenant de leurs récoltes.
«
Sa Majesté a jugé digne de sa bonté
de donner cette nouvelle preuve de sa sollicitude paternelle
pour une classe de ses sujets d’autant plus chère
à son cœur, qu’elle est infiniment précieuse
à l’Etat. »
Deux
semaines plus tôt, soit le 5 février de la
même année, le Roi publiait des lettres patentes
portant défense d’introduire dans les vins,
cidres et autres boissons quelconques, la Céruse,
la Litharge ou toutes autres préparations de plomb
ou de cuivre.
On
lui avait rapporté que pour clarifier certaines boissons,
plusieurs viticulteurs usaient de telles pratiques. Aussi
ceux qui s’avisaient de poursuivre de telles pratiques
se verraient condamner à trois années de galères.
«
Cher Louis XVI, rien que pour cet édit, le bon peuple
des francs buveurs aurait dû réclamer votre
grâce ! Finement établi. » (30)
51/20
février
PASSION
ET AMOUR DES LIVRES BACHIQUES
(dans
le calendrier 2007, nous sommes Mardi
Gras qui est enregistré le 27 février.
Comment
ne pas associer un événement qui s’est
déroulé le 20 février 1993, à
savoir la dispersion en vente publique, à l’hôtel
Drouot, de la collection Killian Fritsch, réunissant
plus de six cent livres sur le vin, avec le jour de la célébration
de Sainte Aimée.
Aimer
les livres et plus particulièrement ceux qui sont
dédiés aux vins, à la viticulture,
à l’œnologie, à la littérature
sur le monde du vin, est la démonstration qu’il
y a bien une puissance affective à vouer une dévotion
à tout ce qui a trait aux vins par la possession
d’une véritable bibliothèque bachique.
Ce qui fut le cas de Fritsch dont la vente attira l’attention
des passionnés de livres sur le vin. Cette riche
collection d’ouvrages comportait des originaux pour
la plupart datant du XVI siècle.
A
cette occasion, Gérard Oberlé a publié
chez Loudmer ( commissaire priseur ) un magnifique catalogue
de plus de trois cents pages faisant l’inventaire
de cet ensemble de livres totalement dédié
au vin et démontrant ainsi que la vigne reste la
seule nourriture terrestre a avoir suscité tant de
vocation livresque.
Fin
de l’année 2000, la Bibliothèque de
Dijon, dans le cadre du mois du « patrimoine écrit
» exposait une intéressante collection de vieux
ouvrages sur le vin et la vigne.
Le
catalogue édité à cette occasion en
fait un inventaire prestigieux.
Un
chapitre de cet ouvrage, traite de la collection de Bernard
Chwartz, unique en son genre. Ce collectionneur averti estime
détenir plus de 6000 références.
Une
passion que nous partageons avec plus de modestie, mais
qui démontre qu’une bibliothèque bachique
a autant d’attrait qu’une oenothèque.
De
vignes en livres, c’est la passion littéraire
du monde des vins ou plus exactement l’ivresse des
écrits œnologiques.
52/21 Février
PAS
DE VIN SANS PEPIN
Certain
calendrier honore Saint Pépin le 21 Février.
A quel Pépin se référer ? A Pépin
Ier (père de Sainte Gertrude) ou Pépin II
(père de Charles Martel) ou enfin de Pépin
III dit Pépin le bref (père de Charlemagne
voir 28 janvier). Ces trois Pépins n’ont en
tous les cas pas de rapport avec le vin. Et pourtant pas
de vin sans pépin.
Le
fruit de la vigne, qu’est le raisin nous dit qu’il
est composé de baies, appelées grains de raisin.
Chaque
grain ou baie comprend des pépins ou graines.
On
dénombre de un à quatre pépins par
baie.
Les
pépins peuvent apporter du tanin au vin, comme la
rafle, mais il faut éviter de les écraser
au foulage afin que l’huile qu’ils renferment
ne communique pas au vin un goût désagréable.
D’ailleurs,
on commercialise aussi de l’huile de pépin
de raisin dont l’avantage est de procurer de la vitamine
E.
53/22 Février
ISABELLE
L’ENNEMIE DE LA VIGNE.
Nous
préfèrerons en ce 22 février fêter
plutôt Isabelle que Marguerite (voir 20 juillet).,
même si la sainte originaire de Toscane, mourut à
cette date précise.
Isabelle
était le prénom de Mme Gibbs originaire de
Brooklyn qui donna le nom au cépage bien connu.
L’Isabelle
était le deuxième plant américain après
le Clinton, patronyme non moins célèbre !
! !
Isabelle
une fois introduit en France fut à l’origine
de tous les maux du vignoble français, puisqu’il
était porteur de l’oïdium apparu d’abord
dans les serres anglaises ( 1845 ), et ensuite porteur du
phylloxéra ( 1865 ).
Et
pourtant Isabelle ce sont de magnifiques grains noirs au
goût de fraise ou de framboise. C’est une vigne
vigoureuse qui fut interdite de plantation en France en
1934.
Il
subsiste cependant une soixantaine d’hectares dans
la région des Alpes maritimes, donnant un excellent
fruit de dessert. Isabelle se transforme ainsi en splendides
tonnelles donnant une tout autre forme d’ombrage mais
dans ce cas beaucoup plus salvateur.
54/23
Février
DU
CANTIQUE DE LA VIGNE A L’ÉLOGE DU VIN.
Paul
Claudel, grand écrivain tourné vers une intense
foi religieuse, diplomate émérite, parcourut
le monde entier au service de la patrie pour s’éteindre
modestement dans un tout petit bourg du Bas-Dauphiné
à Brangues le 23 février 1955.
Comment
l’auteur du « Soulier de satin » a-t-il
pu s’intéresser à la vigne et célébrer
aussi intensément le vin ?
Reproduisons
quelques extraits du « Cantique de la vigne »
et de son « Eloge du vin » dont l’écriture
nous interpelle.
«
La vigne fille du déluge, et signe mystérieux
de notre salut…
C’est
un dieu sans doute et non pas un homme qui a inventé
de faire tenir ensemble dans un verre
Et
la chaleur du soleil, et la couleur de la rose, et le goût
du sang, et la tentation de l’eau qui est prête
à être bue !
Et
s’il ne veut point le calice, il n’y a point
besoin de la vigne !
Que
ferons nous, qui ne puis être une femme qu’entre
ses bras et une coupe de vin que dans son cœur,
S’il
ne veut point accueillir cela qui n’a point de temps
et qui lui vient d’ailleurs ? »
Empruntant
le mot de « vertu » à son ami Paul Valéry,
il nous dit aussi :
«
Si la vertu a disparu de la terre , elle se retrouve au
fond des bouteilles….Il y a dans le mot profond de
vertu, à la fois une idée de sève,
une idée de vaillance et de force virile, d’honneur,
de pureté et de droiture….
Le
vin est fils du soleil et de la terre, mais il a eu le travail
comme accoucheur.
Le
vin est le professeur du goût….il est le libérateur
de l’esprit, et l’illuminateur de l’intelligence….
Le
vin est le symbole et le moyen de communion sociale…
»
A
quelques encablures des petits vignobles de St Chef, en
passant par Morestel pays des couleurs, allez vous recueillir
un instant au fond du parc du Château de Brangues,
sur la tombe de ce poète diplomate et amoureux du
vin et du divin.
Château
de Brangues
55/24
Février
LES
CONFRÉRIES VINEUSES CHANTRES DES VINS.
Nous
sommes en plein Carême, dans la pratique catholique,
mais c’est aussi la période des carnavals propices
à la célébration des fêtes bachiques.
Ainsi sont nées les premières confréries
vineuses dont celle de la Confrérie du Rey de la
Poda née le 24 février 1529 à Gaillac
devenue l’ordre de la dive bouteille en 1947;
On
nous signale que les plus anciennes remontent au XIIe siècle
:
L’Antica
confraria de la Galinière à Béziers
de 1140 rénovée en 1967
La
Jurade de Saint- Emilion fondée en 1199 et ressuscitée
en 1948
La
Commande majeure de Roussillon de 1374 rénovée
590 années plus tard
La
Confrérie de Saint Etienne née au XIV siècle
en Alsace et réactivée en 1947
Du
XVIIe au XVIIIe siècle, la Provence était
devenue la terre de prédilection des ordres de la
chevalerie bachique. Comme le souligne J.F.Gauthier, le
« savoir – fête passe souvent par le savoir-
boire » (31)
La
caractéristique et le rite d’une Confrérie
se fondent sur un certains nombre de critères à
savoir :
Date
de la fondation
Lieu
de naissance
Siège
social
Nom
et appellation
Titres
des dignitaires
Titres
des intronisés ou membres honoraires
Insigne
ou emblème
Costume
Dates
et célébrations des Chapitres
Référence
religieuse, historique ou littéraire
Chansons
et rituels
Phénomène
culturel par excellence, la confrérie tire ses racines
de l’histoire originelle. Gilbert Garrier s’exprime
en ces termes :
«
Le vin fruit de la vigne et du travail de l’homme,
ne saurait être pris comme un simple bien de consommation.
Compagnon de l’homme depuis des millénaires,
le vin tient à la fois du sacré et du profane.
Il est une valeur de la civilisation et un critère
de la qualité de la vie. Il constitue un bien culturel.
Il est un facteur de vie sociale. » (32)
Pénétrer
dans le monde des Confréries, c’est accepter
la découverte d’un patchwork folklorique des
plus subtils mixant tous les ingrédients d’une
science anthropologique et ethnologique.
Nous
citerons les destinées originales, symboliques de
quatre grandes Confréries aux horizons extrêmes
et proches à la fois qui ont choisi la sainteté
pour protection des vignes et du vin, situé sur l’axe
Rhin – Rhône :
- Saint
Etienne (26 décembre) pour la Confrérie
Alsacienne siégeant au Château de Kientzheim
près de Colmar.
- Saint
Urbain (19 décembre) pour la Confrérie
Helvète siégeant à Vevey.
- Saint
Vincent (22 janvier) pour la Confrérie
Bourguignonne et Mâconnaise siégeant à
Mâcon.
- Saint
Marc (25 avril) pour la Confrérie Rhodanienne
siégeant à Villeneuve- les- Avignon.
Instruments
de promotion, les Confréries maintiennent le culte
du bon vivre et demeurent les hauts lieux de réjouissances
rapprochant les hommes du labeur de ceux du « grand
monde »
Elles
relèvent de notre patrimoine culturel et n’ont
rien d’un folklore naïf propre à des sectes.
56/25
Février
LE
SANG BRÛLÉ DU DRAGON OU LE SANG DU TURC.
Située
à l’entrée de la vallée de Munster,
toute proche de Colmar, la petite citée fortifiée
de Turckheim est associée à une légende
localement célèbre qui raconte l’histoire
du Dragon du Drachenloch. (1)
Entre
Vosges et Forêt Noire, s’étendait un
lac sombre et immense, peuplé de monstres lacustres.
Un jour un immense dragon échoua sur les bords du
Letzenberg qui formait un îlot. Sortant sa tête
hors de l’eau, il fut ébloui par les rayons
ardents du soleil, au point qu’il chercha immédiatement
à se réfugier dans une sombre et étroite
caverne. Il voulut ressortir de ce lieu exigu et ne le put.
De rage, il s’agita à un point qu’il
fit trembler tout le secteur au point que la vallée
se vida de son eau. Blessé par sa furie, il répandit
son sang brûlant, qui avait alors fécondé
la terre, là où le soleil dardait au mieux
ses rayons.
Le
dragon prisonnier de sa caverne mourut de faim.
Lorsque
les hommes attirés par cette contrée y élurent
domicile, ils découvrirent les ossements dans la
caverne qui pris pour nom le « Drachenloch »
(le trou du Dragon). (33)
C’est
ici, en ce lieu légendaire, et pour cette raison,
que le raisin mûrit le mieux, en donnant le vin le
plus délicieux et aujourd’hui le plus célèbre
du vignoble alsacien, désigné sous le nom
de « Brand » (brûlé).
Vin
exceptionnel à base de pinot noir, il échauffe
aisément les esprits des buveurs non avertis.
Y
aurait-il un lien avec la décision du Maire, qui
le 25 février 1908 opposa les scellés «
sur un tonneau de vin rouge qui après en avoir bu
rendit malade les gens de Horoth, dans le val de Munster
» ?
Après
enquête, on découvrit qu’il s’agissait
de vin frauduleux ayant subi une fâcheuse mixture
!
Toujours
est-il, que Turckheim (maison du Turc ?) reste un village
associé au vin noir (contrairement à la prolifération
des vins blancs d’Alsace).Se dressent à pic,
derrière le village, les pentes ensoleillées
du Brand Grand Cru, sur lesquelles on été
plantée une forte proportion du cépage Pinot
gris, dont le vin de couleur sombre portait aussi le nom
célèbre de « Sang de Turc ».
Village
fortifié, Turckheim connu autrefois de nombreuse
batailles (des Turcs à Turenne), dont subsistent
aujourd’hui trois portes ( Brand, Turenne, Colmar
).
C’est d’une porte à l’autre, que
tous les étés, les habitants du village peuvent
entendre chaque soir vers 22 heures, le veilleur de nuit
rappelant aux villageois de surveiller chandelles et lumières.
Une
autre façon de se souvenir que le feu de la lumière
c’est comme le « brand » de la vigne.
«
Zu Turckheim, im Brand,
Wachst
d’r beschte Win im Land ! »
Turkheim
Porte ouest : vierge aux deux enfants Photo Marc Heimermann
DE
SAINT NESTOR A LA PALME DU VIN
Le
dicton du jour : « S’il tonne en février,
point de vin tiré »
C’est
aujourd’hui la Saint Nestor et l’histoire se
passe dans la petite commune de Saint-Nestor administrée
par un des plus vieux maire de France qui cherche à
briguer un nouveau mandat. Mais une liste d’opposition
s’annonce. Aidé par une agence de communication,
le vieux maire va tenter de déjouer astucieusement
les assauts de l’opposition. Cette pièce s’intitule
: « Les tigres de Cantagasse »
L’auteur
Yves Garric s’est spécialisé dans la
création de petites pièces de théatre
maniant l’humour et la poésie.
Et
c’est parce qu’il vient de publier récemment
une nouvelle pièce intitulée « La palme
du vin », qu’Yves Garric mérite de figurer
en bonne page, jour de la Saint Nestor.
L’histoire
de cette pièce met en scène les tribulations
d’une famille de vignerons aux prises avec le réchauffement
de la terre, dans les années 2070 ! Un sujet grave
pour une drôle de comédie.

planche
4 des "7 boules de cristal" éditions Castermann
58/27
Février
BAS
LES MASQUES POUR LA CUVÉE DU MARDI GRAS
Extrait
du Grand livre des vins d’Alsace, Guy Jacquement et
Emile Jung
Nous
sommes à quarante jours de Pâques, c’est
la période officielle dite du Carême dans la
coutume chrétienne. Le 27 février tombe un
mardi en 1900, 1990 et en 2007
Le
Carême s’oppose au Carnaval.
Adieu
à la chair et bonjour le vin.
Bas
les masques de la dérision et envahissons les caves.
Les
illustrations photographiques font l'objet de l' Annexe
N°3
1
A Cournontéral (Hérault) combats de paillasses
dans un flot de lie de vin. Les vignerons de Claude Royer
(35)
2
Habit de cabaretier, dans Histoire sociale et culturelle
du vin p129
3
Monument aux girondins ( l’art du vin à Bordeaux)
4
Banquet allégorique d’animaux dans les Fastes
de Bacchus et Comus planche1033
5
Le roi du carnaval buvant au goulot De Dusat Cornélis
( dito ) planche 1040
59/28
Février
BENI
SOIT SAINT ROMAIN OU LE VIGNOBLE DE
SAINT-ROMAIN.
Nous
sommes autour des années 420, deux frères
Lupicin et Romain naissaient dans la région du Bugey
, connu aujourd’hui par la renaissance de son vignoble.
Attiré
par l’isolement et la méditation, Romain quitta
cette région pour fonder dans le Jura une communauté
autour d’un prieuré appelé Condate qui
donna le nom à la ville de St Claude.
Romain
mourut en 463 et c’est un 28 février 468, soit
5 ans plus tard que mourut le pape Hilaire .
Coïncidence
entre Saint Romain et Saint Hilaire ( voir 14 janvier ),
ils se retrouvent au cœur des côtes de Beaune.
En effet, un village des plus pittoresques de la Côte,
se nomme Saint Romain. Il est construit sur les ruines du
prieuré St Hilaire qui dépendait de l’abbaye
de Cluny.
Il
est fou ce Saint- Romain, car il s’agit là
à la fois d’un prestigieux terroir et d’une
appellation digne de ses illustres voisins que sont les
Montrachet, Meursault, et autres Chambolle- Musigny.
C’est
sous la houlette d’un enfant du pays Roland Thévenin,
devenu maire, que la commune put bénéficier
de l’appellation Saint- Romain en 1947.
A
l’instar des poètes, il s’exprime sur
Saint- Romain, sans réserve :
«
Je t’aime pour tes automnes joyeux et colorés
Lorsque
les vendangeurs rejoignent leurs maisons
Suivant
les lents chariots, garnis de grands paniers
Dont
le raisin parfume de rouges horizons »
Le
Saint- Romain, un vin de rêve, charnu et floral à
la fois, d’une couleur jaune confirmant la présence
de Chardonnay.
Ce
vignoble comprend autant d’hectares que la population
du village de Saint- Romain, soit 280 ! Cet espace viticole
abrité sous les falaises calcaires, produit là
un vin digne du vignoble français que Roger Dion
qualifiait de « monument romain » ! ! !
A
noter la sympathique histoire de la famille Buisson, présente
depuis le Moyen- Age dans ce village vigneron. En effet
le domaine Henri et Gilles Buisson comprend 14 ha de crus
de prestige. Ne manquez pas de faire halte à leur
caveau de dégustation situé au centre du village.
Saint
-Romain est aussi présent dans deux autres communes
viticoles du même nom : Saint- Romain-en -Gier et
Saint- Romain- en- Bellet.
N’oublions pas non plus de mentionner la non moins
célèbre confrérie vigneronne des côtes
rôties « Le grand Ordre de Saint- Romain »
du nom d’un des Papes d’ Avignon qui n’aurait
régné que quelques mois à la fin du
IX siècle , et pourrait avoir succombé à
une cirrhose du foie, pour avoir trop goûté
les vins locaux dans la perspective de les emporter vers
sa ville d’origine.
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